Etude rhéologique de 10 acides hyaluroniques avec ou sans lidocaïne

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Conflit d’intérêt

Ce travail n’a bénéficié d’aucun support, tant financier que matériel. Il est le résultat d’une recherche, d’un travail et d’un financement strictement personnel et n’engage que l’auteur principal (PM).
P Micheels est consultant et/ou formateur pour les laboratoires Allergan, Galderma, Merz, Teoxane.

Introduction

Depuis 1994-1995, soit plus de 20 ans aujourd’hui (Ref 1, 2), les gels d’acide hyaluronique (HA) ont pris le pas sur la plupart des produits de comblement de rides. Ceci est la conséquence de la nature sans spécificité d’espèce ou d’organe de la forme native de l’HA, et du peu d’effets secondaires observés ou mieux, déclarés. On peut, en effet, supposer que le taux annoncé par la littérature est supérieur dans la réalité. (Ref 3 – 6)

En effet, une fois réticulé, l’HA n’est plus du tout un produit naturel, ne serait-ce que par sa structure tri-
dimensionnelle dans l’espace. Il peut donc être reconnu comme un corps étranger par notre organisme et plus spécifiquement par notre derme, lieu des défenses immunitaires de notre peau. (Ref 6)

Aujourd’hui, sur le marché européen, il existe un grand nombre de gels d’HA à disposition. Ils ont tous des caractéristiques différentes, dues à leur processus de réticulation, souvent breveté et protégé.

Il faut noter que lorsque nous injectons un gel d’HA, que ce soit dans le derme ou en sus-périosté, voire dans la graisse, le gel subit diverses contraintes physiques.

Dans cet article, nous examinons 10 gels d’HA, dont 3 sont, déjà, au bénéfice d’une approbation par la FDA (Food and Drugs Administration) aux Etats-Unis d’Amérique.
7 des 10 gels examinés sont additionnés de lidocaïne dès leur fabrication. Les 10 gels testés ont les mêmes indications, à savoir combler les rides et plis moyens du visage, et pour certains, l’ourlet de lèvres, voire l’augmentation ou la correction de la volumétrie du visage et des lèvres.

Le but de ce travail est de vérifier si notre ressenti personnel, à l’opposé des assertions des délégués médicaux, voire des fabricants eux-mêmes, dès l’apparition de ces gels additionnés de lidocaïne, correspondait bien à la réalité. (Ref 4)
Nous avons donc, par comparaison, examiné également 3 de ces gels, non additionnés de lidocaïne.

Les tests réalisés sont des tests de rhéologie sous différentes contraintes mécaniques

Matériel

Les gels examinés

10 gels, tous réticulés avec le BDDE (Butane Diol Diglycidyl Ether) et ayant les mêmes indications d’utilisation sont l’objet de ce travail. Ils s’injectent dans le derme moyen à profond, pour combler les rides et les plis moyens. Certains, cependant, peuvent être injectés dans le derme superficiel. (Ref 7-11)

Nous les avons classés suivant leur nature, dite cohésive, non cohésive ou partiellement cohésive, suivant les données de la littérature. (Ref 12 -17, et communication personnelle de Dr Albarano –Galderma fév 2016)

Si l’ajout de lidocaïne ne semble pas modifier la structure ultramicroscopique des gels d’HA (Ref 12-17), dans notre pratique quotidienne (PM), il nous a semblé que certains gels additionnés de lidocaïne étaient moins aisément injectables, moins fluides, que leur alter-ego exempts de lidocaïne. Ce ressenti était déjà présent lors d’une étude multicentrique européenne, dont PM a fait partie, lors de la commercialisation d’un gel partiellement cohésif lidocaïné. (Ref 3, 4)
Afin de vérifier notre assertion concernant l’adjonction de lidocaïne, à savoir qu’elle modifiait ou non les propriétés rhéologiques des gels, nous avons pratiqué les mêmes tests sur les produits suivants :

Les gels ont été testés avec un rhéomètre DHR III (TA Instrument). Les mesures ont été réalisées à l’aide d’une géométrie plan-plan rugueux de 25mm de diamètre, la température régulée par un plan à effet Peltier. Chaque test a été effectué au moins 2 fois, sur des échantillons différents, pour évaluer la reproductibilité (voir écart-type dans les tableaux ci-dessous).

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À propos de l’auteur

Patrick MICHEELS

Patrick Micheels est médecin généraliste, spécialisé en médecine esthétique depuis plus de 25 ans. Il est consultant et/ou formateur pour les grands fabricants de toxine botulique et de gels d’acide hyaluronique. Il est auteur de très nombreux articles scientifiques publiés tant en français que dans les grandes revues scientifiques anglophones. Il a participé à 2 études cliniques sur les acides hyaluroniques en collaboration avec l’Université de Genève.

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