Quels marqueurs biologiques pour évaluer le vieillissement ?

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laboratoire d'analysesDans le cadre de la consultation et du suivi en médecine anti-âge, il est important de pouvoir contrôler le vieillissement biologique des patients afin de mesurer leur état et les résultats de nos soins et préconisations anti-âge.

Les différentes évaluations

Plusieurs types d’évaluation sont possibles :

  • La symptomatologie : le recueil de symptômes pertinents permet d’évaluer l’avancée du vieillissement sur les différents appareils
  • Le calcul de l’âge biologique : une série de tests physiques, fonctionnels et cognitifs amène au calcul d’un âge dit « biologique » qui peut être différent de l’âge chronologique du patient
  • Les examens fonctionnels et d’imagerie : ils sont ciblés sur certains organes comme le cœur, les parois artérielles, le cerveau, le pancréas, le rapport masse grasse masse maigre, etc…
  • Les analyses biologiques de laboratoire.

Nous parlerons ici de ces dernières. Le but de cet article est de rappeler les paramètres biologiques qui peuvent être considérés comme des marqueurs pratiques et plus intéressants du vieillissement, et de dire pourquoi.

Ne soyons pas naïfs : la plupart des paramètres biologiques ont tendance à être perturbés en vieillissant. Une pléthore de dosages a été proposée pour mesurer le vieillissement et prédire le risque morbide. Il n’y a pas de règle d’or pour évaluer le vieillissement du corps par les analyses biologiques. Les mécanismes du vieillissement sont d’ailleurs très complexes, intriqués et encore mal connus.

Ceci dit, certains marqueurs sont plus intéressants que d’autres car plus vite et plus constamment impactés par l’âge. En regroupant leurs résultats et en les associant toujours à un examen clinique et des tests de capacité physique et cognitive (du type calcul d’âge biologique), il est possible d’évaluer un stade de vieillissement et surtout de contrôler l’effet de nos traitements ou des améliorations d’hygiène de vie recommandées.

Les marqueurs présentés ici ont fait l’objet d’études sur de grands échantillons de populations. Ils ont montré des liens réguliers et significatifs avec des risques de maladies dégénératives dites « liées au vieillissement » ou encore avec une diminution de la durée de vie.

Classement des biomarqueurs de l’âge

Il est possible de les classer dans les catégories suivantes qui correspondent à des fonctions particulièrement touchées dans le vieillissement :

  • Glycation et insulino-résistance
  • Méthylation
  • Inflammation
  • Hormones
  • Lipides et acides gras
  • Oxydation
  • Vitamines et minéraux.

Les examens marqués avec un « ² » ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

Glycation – insulino-résistance

Le vieillissement est associé à une dysrégulation métabolique de l’homéostasie du glucose. Des troubles de régulation de la glycémie (et les pics d’insuline) sont souvent présents dans les phénomènes liés au vieillissement tels que la glycation.

Glycémie : Des études ont montré que le taux de sucre sanguin était lié à la longévité. Un taux sanguin élevé à jeun de  glucose et d’hémoglobine glyquée (HbA1C) sont associés au vieillissement, aux troubles cardiovasculaires, cognitifs et à la démence chez les non diabétiques.

Hémoglobine glyquée ou Hb-a1c : c’est un marqueur reflétant l’état général de glycation des tissus, phénomène majeur du vieillissement. Elle donne une idée de des perturbations de la glycémie sur un plus long terme. Une variation de 1% du taux d’HbA1c serait corrélée à une variation du risque de coronaropathie de 20% et de mortalité de 26%. (14)

Insuline à jeûn : son élévation est liée à l’insulino-résistance, au risque de diabète et de vieillissement cognitif précoce. Elle est aussi corrélée avec les phénomènes inflammatoires. Les études montrent que les centenaires ont généralement des taux d’insuline à jeûn plus faibles que la moyenne.

Index HOMA : il se calcule selon la formule insuline*glucose / 22.5 . Il est considéré comme normal en dessous de 3. Il évalue une résistance à l’insuline et une prédisposition au diabète.

sRAGE² (soluble receptor for advanced glycation end product) : il s’agit d’un autre marqueur de la glycation avancée.

Adiponectine² : cette hormone découverte récemment (une adipokine) est corrélée avec les mécanismes de l’inflammation. Les études ont montré qu’elle baissait régulièrement avec l’avancée en âge et des liens étroits avec l’apparition du syndrome métabolique, du diabète, de l’athérosclérose et de la stéatose hépatique non alcoolique. (15)

Vitamines et minéraux

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À propos de l’auteur

Jean-Luc MOREL

Le Dr Jean-Luc MOREL est président de l'AFME. Il exerce les actes à visée esthétique depuis 1985 et la Médecine Anti-âge depuis 1995. Il a enseigné ces disciplines pendant plus de 20 ans et a été Directeur d'enseignement à l'Université.

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