Le pli d’amertume, anatomie, climatère et traitements esthétiques

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I – INTRODUCTION

1.1 . Définition

Les plis d’amertume sont des rides et dépressions se formant en haut de la commissure des lèvres et se dirigeant vers le bas du visage à la région angulo maxillaire.

Ils prolongent les sillons nasogéniens et créent un triangle dépressionnaire entre la lèvre inférieure, la commissure labiale et la région mandibulaire. Ils donnent ainsi au visage une impression de tristesse [1].

1.2. Étymologie

L’étymologie mérite un peu de notre attention. En France, le terme « d’amertume » a été retenu. Il renvoie à une dimension psychologique et implique un ressenti de tristesse et de déception, acquis au cours des aléas de l’existence, et « gravé » dans une mimique significative.
Les plis d’amertume sont également surnommés les plis de la « marionnette ». Les anglo- saxons ont retenu le terme de « marionnette lines », ce qui évoque un aspect figé, inanimé et nous renvoie à une dimension comportementale de colère rentrée. On peut comprendre la crainte et le désarroi que suscite cette déformation, et la demande de correction esthétique qui en découle.

1.3. Phénomène de vieillissement et origine du pli d’amertume

Le pli d’amertume fait partie avec la ligne mandibulaire antérieure et le menton d’une même entité anatomique : la région labio-mentonnière.

Ces trois éléments anatomiques sont situés sur la partie antéro inférieure du visage et évoluent de façon synchrone, généralement à partir de 50 ans, en s’accentuant avec le temps.

Dans le phénomène du vieillissement, on assiste de façon inéluctable à la formation de rides et des plis. Il s’agit d’une perte de l’harmonie du visage perçue de façon péjorative par l’individu.

L’apparition de ce sillon, est plurifactorielle : le système osseux, musculaire, graisseux, cutanéo-aponévrotique subissent les effets du vieillissement. A ce titre, les patients souhaitent une correction esthétique.

II – RAPPELS ANATOMIQUES

2.1. Le cadre osseux

La ligne mandibulaire et le menton sont soutenus par une structure osseuse composée de :

  • l’éminence mentonnière (symphyse mandibulaire),
  • la portion horizontale du bord mandibulaire inférieur (aspect de S italique).

L’aspect final du vieillissement dépend des muscles et ligaments insérés sur cette portion osseuse à la forme spécifique.

Figure 1 : Anatomie de la mandibule (vue de profil) – Source Larousse

Nous allons décrire les muscles impliqués dans la balance musculaire labiale et la formation du pli d’amertume.

Ces muscles sont des muscles peauciers, car ils sont insérés à la peau et responsables de la mimique.

2.2.1. Anatomie descriptive

Figure 2. Les muscles peauciers (vue latérale droite) [2]

DAO : depressor anguli oris ; DLI : depressor labii inferioris ; M : mentalis, R : risorius ; OO : orbicularis oris ; P : platysma ; RMM : Rameau marginal de la mandibule.

Muscle Depressor anguli oris (D.A.O.)

Le D.A.O. est un muscle triangulaire des lèvres et abaisseur de la commissure labiale. Ce muscle est le principal responsable de l’apparition du pli d’amertume.

Large, aplati, triangulaire à base inférieure, vertical, légèrement oblique en haut et en dedans, il s’insère par sa base sur la partie antérieure de la ligne oblique externe de la mandibule, proche de l’orifice du nerf mentonnier, en dessous de la ligne d’attache du depressor labii inferioris.

Ses fibres montent vers la commissure labiale pour s’attacher à la peau de l’angle de la bouche et des lèvres supérieures et inférieures, au niveau du modiolus.

Il attire la commissure en bas et en dehors, exprimant ainsi, selon Duchenne de Boulogne, la tristesse et le mépris.

Le pli d’amertume qui s’étend de la commissure buccale jusqu’au rebord mandibulaire est situé en regard du D.A.O., sans pour autant correspondre au bord médial ou latéral de ce muscle.

Muscle Orbicularis oris :

Ce muscle est un véritable sphincter d’occlusion labiale constitué de plusieurs couches musculaires qui s’intriquent avec les autres muscles de chaque couche :

  • couche musculaire superficielle, intégrant les fibres musculaires du depressor anguli oris (D.A.O.) et du platysma,
  • couche musculaire profonde, intégrant le buccinateur, le mentalis et le depressor labii inferioris.

Il est à noter que les fibres musculaires des couches superficielles et profondes se mélangent entre elles.

Ce muscle constitué de fibres concentriques circonscrivant l’orifice buccal forme une adhérence très importante avec la peau.

Il fait partie de la partie interne du modiolus, dont le nom vient de l’aspect en rayon de roue de cette structure apparentée à un nœud musculaire.

Les conséquences esthétiques sont l’apparition de rides labiales radiaires.

Muscle Depressor labii inferioris (D.L.I.) :

Le D.L.I. est un muscle plat, quadrangulaire, s’insérant sur la ligne oblique externe de la mandibule en dessous de celle du D.A.O.

Il se dirige vers le haut et en dedans et se fixe au niveau de la face profonde de la peau de la lèvre inférieure, délimitant avec le mentalis le pli mentonnier. Il recouvre l’émergence du nerf mentalis.
Il est abaisseur de la lèvre inférieure.
Il concourt aux expressions de dégoût et d’ironie.

Il est innervé par une branche du rameau marginal mandibulaire du nerf facial.

Muscle Mentalis :

C’est un muscle plat triangulaire, formé de deux petits faisceaux qui s’insèrent en haut de part et d’autre de la ligne médiane sur les saillies alvéolaires des deux incisives et de la canine, en dessous de la gencive. Ces muscles se dirigent en bas pour s’attacher à la face profonde de la peau du menton.

Ils sont élévateurs des parties molles du menton qu’ils impactent sous la lèvre inférieure qu’ils projettent en avant. De ce fait, ils sont responsables de la fossette du menton et du sillon labio mentonnier.

Ces muscles sont essentiellement dans la mimique et concourt aux expressions du doute ou, au contraire, de l’orgueil et du défi.

Ils sont innervés par sa face superficielle par le rameau marginal mandibulaire du nerf facial.

Muscle Risorius :

Ce muscle est très mince, superficiel et s’étend en triangle à base postérieure sur la partie moyenne de la joue.

Il s’insère en arrière à l’aponévrose massétérienne et s’étend horizontalement légèrement vers le haut pour s’attacher au niveau du modiolus et à la peau de la commissure labiale.

Avec le muscle buccinateur, il attire la commissure latéralement et peut creuser la fossette de la joue par son insertion cutanée médio-jugale.

Muscle Platysma :

C’est un muscle plat, quadrangulaire, recouvrant la partie antéro-inférieure du sterno-cléido- mastoidien.

Il s’insère en bas à la face profonde de la peau qui recouvre l’acromion, les régions deltoïdiennes et sous claviculaires.

Il remonte en nappe musculaire aplatie vers le haut et l’avant et recouvre la région antéro latérale du cou. Ses bords antérieurs forment les cordes platysmales.

Les insertions supérieures se font sur la ligne oblique externe de la mandibule, sur l’éminence et la protubérance mentonnière, et enfin sur le modiolus.

Les actions du platysma sont les suivantes :
– il attire la peau du menton vers le bas,
– il abaisse la commissure labiale et la lèvre inférieure en l’éversant,
– il attire la peau de la joue vers le bas et la commissure labiale latéralement et en bas.

2.2.2. Balance musculaire

La balance musculaire labiale codifie l’agonisme et l’antagonisme des muscles péribuccaux, permettant cette fonction complexe de la mimique.

En haut, on retrouve les élévateurs de la lèvre supérieure : les muscles levator labii superioris, levator labii superioris alaeque nasi et le petit zygomatique.

Au milieu, le muscle orbiculaire des lèvres n’est pas une structure fixée, il est maintenu en balance, suspendu à sa place comme un trampoline par les muscles péribuccaux.

En bas, on retrouve les muscles abaisseurs de la lèvre inférieure :

  • le depressor labii inferioris : abaisseur pur de la lèvre inférieure,
  • le depressor anguli oris : abaisseur de la commissure
  • le platysma a un rôle particulier du fait de l’intrication de ses fibres musculaires avec d’autres muscles, notamment du depressor labii inferioris et du depressor anguli oris ; il a une fonction d’abaisseur de la lèvre inférieure et d’abaisseur de la commissure des lèvres.

Latéralement, la commissure des lèvres et le nœud musculaire du modiolus constituent un point mobile où s’insèrent comme en rayon de roue les six chefs musculaires que sont :

  • latéralement : le buccinateur et le risorius,
  • en haut : le zygomaticus major et le levator anguli oris
  • en bas : le depressor anguli oris et le platysma
  • en dedans : l’orbicularis labii avec ses deux chefs, supérieurs et inférieurs

Figure 3 – Constitution du Modiolus. [3]

5. m levator anguli oris ;
6. m zygomaticus minor ;
7. m zygomaticus major ;

10. m orbicularis labii;
11. m depressor anguli oris;
23. m risorius;
24. m platysma;
28. modiolus

Ces muscles font partie intégrante du modiolus et tous semblent jouer un rôle particulier dans la formation de ce pli.

2.3. Les points fixes (septa et masses graisseuses)

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