L’alopécie androgénétique (AAG), également connue sous le nom de calvitie commune, est une pathologie héréditaire qui affecte tant les hommes que les femmes, entraînant une chute progressive des cheveux. Elle résulte principalement d’une sensibilité accrue des follicules pileux à la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone.
Cette pathologie est responsable d’une perte de cheveux à la fois localisée et diffuse, principalement au niveau du vertex et des tempes chez les hommes, et du sommet du cuir chevelu chez les femmes.
Sa prise en charge est souvent difficile et diverses options thérapeutiques ont été proposées, notamment des applications topiques comme le minoxidil, des préparations orales comme les inhibiteurs de la 5α- réductase (par exemple le finastéride), des traitements injectables dont la mésothérapie, et même une intervention chirurgicale (1 ; 2). La mésothérapie est une méthode non invasive qui consiste en l’injection de substances actives dans le cuir chevelu (3).
Cet article explore l’efficacité de la mésothérapie dans le traitement de l’alopécie androgénétique en se basant sur des études récentes et des observations cliniques.
Principes et applications de la mésothérapie
La mésothérapie ou thérapie locale intradermique, est une méthode mini-invasive qui consiste à administrer de petites quantités de médicaments directement dans la peau, à un niveau très superficiel (environ 2 à 4 mm) afin de traiter divers troubles médicaux et esthétiques.
En dermatologie, elle est notamment utilisée pour stimuler la circulation sanguine et favoriser la régénération cellulaire. Dans le cadre de l’alopécie androgénétique, la mésothérapie implique l’injection, dans le cuir chevelu, de mélanges de substances actives souvent composés de minoxidil, de vitamines, de minéraux et d’acides aminés. Ces agents ont pour objectif de nourrir les follicules pileux et de stimuler leur croissance (3).
L’un des principaux avantages de la mésothérapie est que l’agent thérapeutique est administré directement dans la peau, ce qui permet de contourner certaines barrières cutanées rencontrées par les traitements topiques et d’adopter une approche plus ciblée. Ainsi, on suppose que la biodisponibilité de l’agent est améliorée grâce à un temps de résidence prolongé au site d’injection et à sa présence directe dans la zone traitée (4).
Tableau récapitulatif des différents agents pouvant être injectés en mésothérapie
| Agents | Mecanisme Effet principal | Mode d’administration | Efficacité raportée | Limites |
| Dutasteride | Inhibe la DHT (5α-réductase), freine la miniaturisation des follicules | Injections intradermiques à 0,005–0,05 %, 1×/semaine à 1×/mois | Bonne repousse, effets secondaires systémiques limités | Protocole non standardisé, risque d’effets locaux |
| Minoxidil | Vasodilatateur prolonge la phase anagène | Injections à 0,5–2 %, 1×/semaine à 1×/2 semaines | Amélioration densité, chute réduite | Irritation locale, efficacité variable |
| Vitamines (B, C, D…) | Cofacteurs métaboliques, soutien trophique | Cocktails injectés 1×/semaine à 1×/mois | Soutien, amélioration qualité | Preuves limitées seules |
| Acides aminés | Substrats kératine, stimulation folliculaire | En mélange, protocoles variables | Effet adjuvant | Efficacité isolée incertaine |
| Oligo-éléments (Zn, Se…) | Régulation enzymatique, anti-oxydant | En mélange, séances espacées | Effet adjuvant | Protocoles variables |
| Facteurs de croissance | Stimulation prolifération cellulaire | En cocktails, cures | Résultats encourageants | Coût, standardisation |
| PRP (plasma riche en plaquettes) | Libération facteurs de croissance, régénération | Injections régulières | Amélioration densité | Variabilité, dépend du protocole |
Technique de la mésothérapie
La mésothérapie est généralement réalisée à l’aide de



