5 règles pour une bonne implantation de fils crantés

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Les fils de suspension crantés permanents sont maintenant arrivés à un niveau technique permettant de les utiliser avec une réelle efficacité dans l’amélioration de l’affaissement des tissus du visage. Mais leur utilisation doit être soumise à l’application de certaines règles, qui ne sont que de bon sens. En faire l’économie, pour quelque raison que ce soit, vous empêcherait d’obtenir les excellents résultats auxquels vous pouvez prétendre avec ces remarquables petits implants.

L’édiction de ces quelques règles de bonne pratique n’a d’autre base qu’une expérience dont la progression est fondée depuis 2002 sur l’exigence, la logique et la rigueur.

Les 5 règles de l’art

Elles concernent les différents facteurs qui conditionnent le bon résultat d’une implantation.

  1. Utiliser un fil efficace
  2. Utiliser suffisamment de fils
  3. Orienter les fils avec justesse
  4. Positionner précisément les fils en longueur, profondeur et en redistribution concentrique
  5. Préférer la pérennité plutôt que le renouvellement.

Nous allons les détailler ici.

1. Utiliser un fil efficace

Evidemment, on n’obtient pas d’effet puissant et durable avec un fil qui ne soit permanent. C’est un prérequis qui paraît totalement évident pour un praticien qui désire répondre à une demande de lifting sans action chirurgicale invasive.

En raison de leur nature et de leur structure, les fils ont des potentiels complètement différents.

A – La nature du fil

Nous renvoyons à notre article de décembre 2014 dans le Journal de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique (réf. 6) qui aide à débusquer les nombreux amalgames utilisés par un marketing peu scrupuleux pour survaloriser les fils résorbables (dont la trop faible efficacité pour un lifting est maintenant notoire) au détriment des fils permanents.

Et pour faire court, soyons clairs : un fil résorbable s’hydrolyse rapidement et en quelques semaines se transforme en « purée», comme on l’observe en suturant la peau avec un fil résorbable. On peut affirmer avec certitude que cette « purée » n’aura aucun effet de tension, et moins encore de suspension. Qu’elle puisse produire localement une minime génération de collagène, de quelque type que ce soit, peut s’entendre sur le plan théorique, mais la ténuité du fil et sa rareté comparées à l’importance des tissus concernés excluent que cette minime néocollagénèse apporte un résultat esthétique conséquent.

Dans leur état actuel, les fils résorbables doivent rester dans leurs indications très limitées et surtout s’abstenir de prétendre à un réel effet liftant dépassant quelques semaines.

Il en ressort que les seuls fils aptes à tenir une réelle et durable suspension sont donc nécessairement des fils permanents, solides de surcroît, et ceci n’est rien de plus qu’une considération de bon sens.

Eux seuls permettront d’approcher, voire d’obtenir, le résultat esthétique désiré, c’est à dire un lifting de la face et du cou, et de le tenir plusieurs années, voire de le réactiver pour Easylift®.

Les fils permanents sont faits de matériaux remarquablement neutres et parfaitement biocompatibles. Ces extraordinaires petits implants si utiles en de si nombreuses circonstances, sont parfois ridiculement taxés de « dangereux corps étrangers » notamment par les très peu scrupuleux fabricants de fils résorbables américains.

Il est bon aussi de savoir que certains fils réputés permanents ne le sont pas réellement. En effet, le polyamide (Nylon®), représente pour la plupart d’entre nous le fil inaltérable par excellence. Or en milieu humide, il perd 10 % de sa masse tous les ans, ainsi que ses capacités de glisse. Il ne saurait donc être choisi pour des suspensions de long terme, comme la technique Easylift®.

Actuellement, les deux types de fils permanents les plus judicieux sont en polypropylène (gammes Aptos TM et Quill TM), et en polyester gainé de silicone (Springthread® de First Surgiconcept TM).

B – La structure d’un fil

Très variable, elle est plus ou moins agressive et détermine sa rhéologie dans les tissus. Entre un fil lisse ou un fil tressé, un fil de polypropylène entaillé ou un fil finement mamelonné, l’agressivité est totalement différente.

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À propos de l’auteur

Denis Guillo

Le Dr Denis GUILLO est né en France à PAU en 1954. Diplômé de la faculté de Médecine de Lyon en 1987, il y exerce dans un cabinet du 6ème arrondissement. Il se spécialise en Médecine Esthétique dès 1991 et en maîtrise les plus belles techniques (toxine botulique, fillers, peeling phénol). En 2002, il découvre les fils de suspension crantés et en perçoit l’intérêt considérable pour traiter l’affaissement du visage sans avoir à recourir à la chirurgie, qui commence à perdre les faveurs du public. D’importantes améliorations étaient nécessaires à l’envol de cette technique de fils crantés permanents, très prometteuse mais trop souvent traitée avec négligence ou mépris, et constamment amalgamée avec les médiocres techniques de fils résorbables. Une riche expérience fondée sur un raisonnement logique et ponctuée d’avancées audacieuses lui ont fait publier quelques articles dont celui concernant les règles de bonne pratique en matière de fils permanents. Le rigoureux protocole Easylift®, qui représente le meilleur de ce qui peut être fait grâce à ces seuls fils permanents, est publié en 2017. Il est parfait pour obtenir des résultats de lift de visage très convaincants sans scalpel.

5 commentaires

  1. Roland MARQUET
    Roland MARQUET le

    C ‘est un bel article de synthèse . La pose en ambulatoire ne pose pas de problèmes .

    Bien sur chaque cas est paticulier ,il faut faire une bonne analyse des différentes régions du visage .

    Ma note est également _8/10

    • Denis Guillo
      Denis Guillo le

      L’affirmation “procédé chirurgical“ est une nouvelle légende urbaine ou quelque chose comme çà?

      Au Portugal je ne sais, mais en France, les fils permanents se posent en ambulatoire sous anesthésie locale de manière très constante, exactement comme les fils résorbables, qui utilisent les mêmes outils et présentent les mêmes risques, notamment septiques, dans un contexte et avec une attention adaptés.

      Désolé mais il n’est pas possible de confondre des systèmes liftants aussi différents.
      Les fils permanents s’implantent dans l’hypoderme superficiel, peuvent en être enlevés ou même y être retendus (Easylift), alors que la chirurgie est vasculairement dommageable, parfois dangereuse par sa profondeur et sans retour. Elle est plus limitée dans ses indications et ne traite pas bien l’essentielle zone malaire.
      Je pense avoir bien porté à l’attention des chirurgiens ces différences fondamentales dans un article de “réalités en chirurgie plastique“ de Novembre 2018 consultable sur mon site et celui de la SOMEREFs.
      Mais peut-être tenez-vous à les associer parce qu’elles sont les deux seules techniques à montrer des résultats convaincants, … que n’ont pas et n’auront jamais les fils résorbables. Ce serait alors confondre la fin et les moyens, et c’est la qualité des moyens (protection de la peau) qui est en question dans l’évolution de ces techniques.

  2. celine MAIFFREDI le

    Je place des fils resorbables depuis peu
    Je connais mal les fils non resorbables
    Cet article est clair et a le mérite de mettre les choses à leur place
    Merci

    • Denis Guillo
      Denis Guillo le

      Merci pour ce commentaire simple et positif sur ce qui vous aidera à vous guider dans la jungle des fils!!