Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge

Une règle standardisée pour placer des fils tenseurs

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Les fils tenseurs permanent deviendront probablement une référence en esthétique. Nous savons qu’au fil du temps, les tissus subissent la loi de la gravité. Au niveau de la face le glissement des tissus adipeux et de la peau, depuis le tiers supérieur du visage vers le tiers inférieur, est responsable de l’apparition de signes de vieillissement.

Opter pour un traitement qui permet de repositionner ces tissus à leur emplacement originel est l’option thérapeutique que je préfère. Le fil non-résorbable a un effet durable et maintient les tissus à leur place. Le résultat est naturel. C’est le but du fil permanent. La rupture de l’ovale, le glissement du cou, l’effondrement des pommettes, l’apparition des bajoues, le creusement des sillons nasogéniens et la formation des plis d’amertume sont la conséquence du phénomène d’affaissement. Pour répondre à ce besoin de repositionnement des tissus, le lifting par fils tenseurs permet de satisfaire à cette exigence.

Techniques de pose

L’ancienne technique appelée « montage à double niveau » a, pour moi, deux effets indésirables majeurs. Pour assurer un certain confort et plus de sécurité, je ne pratique pas les techniques qui verrouillent les fils entre eux, ainsi que l’entre-croisement de fils. Nouer les fils au-dessus de la voute crânienne crée un sillon osseux sur l’os pariétal par un effet de cisaillement.

Certains médecins qualifient ce cisaillement comme un effet indésirable accessoire. Pour ma part je suis impressionné par le sillon créé sur l’os pariétal. Cette entaille pourrait engendrer certaine complication majeure. D’autre part la technique à « montage à double niveau » forme des boucles qui superposent au niveau des tempes. Les fils superposés créent des douleurs qui perdurent.

Si le fil possède une qualité d’accroche très importante la pose peur être simplifiée. Avec un fil de qualité on peut proposer un procédé plus efficace et moins invasif. La technique dite « Parallèle » ne suppose aucun croisement de fils au niveau des tempes. Il n’y appas de nœud au sommet du cuir chevelu. Chaque fil posé en parallèle est implanté de façon indépendante, selon un trajet prédéfini en fonction de la structure anatomique du patient. L’intervention est donc plus rapide et donc moins douloureuse. Par conséquent la période de convalescence est facilitée. La technique parallèle apporte un confort supérieur au patient en réduisant la durée de l’intervention et en limitant considérablement les suites opératoires.

La technique dite en « parallèle » est un procédé moderne qui me semble être le plus adapté pour traiter l’affaissement des tissus. Pour le moment seul le fil Infinite-Thread® répond aux exigences de la technique en « parallèle ». Cette technique ne provoque aucune altération osseuse. Les fils positionnés en parallèles ne se superposent pas et ne créent pas de douleur durable.

Depuis un an la partie qui sert d’ancrage au-dessus du point d’entrée du fil a été réduite à cinq centimètre. Au début de l’utilisation de ce nouveau fil l’ancrage était réalisé sur dix centimètre. Avec du recul, nous nous sommes rendu compte qu’une faible longueur est suffisante pour effectuer un bon ancrage. Ce qui démontre une action importante des crans qui sont très efficaces. Le fil cranté permanent posé en « parallèle » ne peut pas être ostracisé. Car il ne peut cisailler l’os pariétal. Les brins ne sont jamais superposés. Il n’y a plus de boucles qui s’entrelacent. Il n’y a plus de douleur durable.

Ce nouveau fil est plus épais et surtout non élastique. Ce qui permet une meilleure attache et un bon positionnement. Il n’est pas nécessaire de le retendre puisqu’il ne s’allonge pas au fil des années. A chaque consultation je propose au patient de manipuler le fil de la société Thread&Lift ainsi que d’autres modèles de fils permanents. Au bout de six mois le fil Infinite-Thread® est intact alors que les autres fils s’effilochent et se détériorent. La conception de ce fil est remarquable. Elle est le fruit d’une recherche de sept années. Il ne s’étire pas avec le temps et restera probablement efficace très longtemps.

La technique médicale en « parallèle » est révolutionnaire car l’effet est comparable à celui d’un lifting chirurgical. La mise en place des fils est un geste beaucoup moins lourd que le lifting. Il est évident que tous les cas de rajeunissement ne peuvent être solutionné par la pose de fils tenseurs. Une consultation avec un médecin expérimenté est nécessaire pour poser l’indication.

Standardiser le repérage des points d’entrée des fils par des instruments de mesure

La mise en place de fils tenseurs permanents exige une connaissance parfaite de l’anatomie. Les fils doivent être positionnés au bon endroit. Une technique éprouvée et une expérience confirmée permet au praticien d’effectuer un acte de qualité. Mon sentiment est que la technique en « parallèle » se développera. Dans cette nouvelle pratique qui ne peut se faire qu’avec un fil répondant à certains critères : efficacité des crans et résistance dans le temps, il me parait important de repérer avec précision les points d’entrées des fils pour chaque patient.

Plus tard et dans certaines circonstances, il sera peut-être nécessaire de localiser les fils. S’ils ont été placés avec exactitude, ils seront retrouvés très aisément. Le compte rendu opératoire et les photographies avec le dessin des fils en préopératoires, sont des éléments primordiaux pour retrouver les orifices d’entrée des fils. Quand les dispositifs médicaux sont placés en parallèle, il y a autant de point d’entrée que de fil posé. Pour répondre à l’exigence de retrouver avec justesse le point d’entrée des fils, j’ai réalisé une série de règles métalliques pour positionner les orifices d’entrée avec exactitude. Cette rigueur me parait primordiale pour rassurer les patients et pour permettre à un autre praticien d’intervenir en cas de nécessité.

Ce nouvel instrument est très utile. Lors de l’examen clinique préopératoire, je localise le point d’entrée du fil le plus médial. Une fois celui-ci repéré je positionne la règle sur une encoche que je sélectionne. C’est à ce moment que je choisi la règle la plus adaptée au tracé que je veux dessiner. Ensuite la règle m’indique l’emplacement des autres points d’entrée. Ainsi je peux positionner sur la tempe d’un à cinq fils, en fonction de l’indication que j’ai déterminé.

Dans le compte-rendu opératoire je note quelles encoches j’ai utilisé et le caractère de la règle que j’ai choisi. Celle-ci se positionne d’une seule façon : la buttée est appuyée sur l’insertion supérieure de l’Helix et le manche est appliqué contre la partie antérieure du tragus. S’il est nécessaire dans certains cas de rapprocher les fils ils peuvent être positionné entre deux encoches.

La mise en place de la régle

Une règle se compose :

  • D’un manche
  • D’une buttée
  • De cinq encoches

Photo 1

Quand la règle principale (dite standard : S10) (photo 1) est en position, la première encoche se situe à l’intersection de deux lignes : une ligne verticale située à 10 mm en avant de la partie antérieure du tragus et une ligne horizontale située à 10 mm au-dessus de l’insertion supérieure de l’Helix (photo 2).

Photo 2

En fonction des indications, j’utilise d’autres règles à cinq encoches.  Pour les règles standards (S10, S15, S20, S25), les encoches se succèdent à 10 mm en avant de la précédente et 10 mm au-dessus de l’encoche précédente. La buttée trace une ligne horizontale qui positionne la première encoche à 15 mm, à 20 mm et à 25 mm au-dessus de l’insertion supérieure de l’hélix. La règle utilisée est notée consciencieusement dans le compte-rendu opératoire.

Une première série de règle est dite « standard » (photo 3). Elles ont cinq encoches qui se situent à 10 mm au-dessus et en avant de l’encoche précédente.

  • La règle « standard 10 (S10) » a 5 encoches avec une buttée de 10 mm.
  • La « standard 15 (S15) » a une buttée de 15 mm et 5 encoches.
  • La « standard 20 (S20) » a une buttée de 20 mm et 5 encoches.
  • La « standard 25 (S25) » a une buttée de 25 mm et 5 encoches.

Photo 3

Une seconde famille de règle est appelée « 15 mm (en butée) » (photo 4). Elles aussi possèdent cinq encoches écartées horizontalement de 15 mm et verticalement de 10 mm.

  • La règle de « 15 en buttée (15/10) » de 10 a 5 encoches avec une buttée de 10 mm.
  • La règle de « 15 en buttée (15/15) » de 15 a 5 encoches avec une buttée de 15 mm.
  • La règle de « 15 en buttée (15/20) » de 20 a 5 encoches avec une buttée de 20 mm.
  • La règle de « 15 en buttée (15/25) » de 25 a 5 encoches avec une buttée de 25 mm.

Qualités des deux séries de règles : S et 15

Les caractères majeurs de ces 8 règles sont l’exactitude et la reproductibilité des mesures. La reproductibilité est une des deux qualités essentielles pour valider scientifiquement la création d’un appareil de mesure. Il est reconnu qu’une mesure convenable doit rester la même lorsque l’expérience est menée par d’autres médecins, dans les mêmes conditions pour des cas différents. Une mesure répétée qui ne donne pas les mêmes résultats n’a aucune valeur scientifique et par conséquent aucun intérêt médical. Un médecin qui n’aurait pas posé les fils peut très bien localiser très aisément les fils sur la tempe, s’il connait quelle règle et quelles encoches ont été utilisées.

La seconde qualité nécessaire est l’exactitude. L’insertion supérieure de l’hélix et la partie antérieure du tragus ne changent jamais de position sauf en cas de perturbation anatomique traumatique. Cet instrument de mesure est toujours exact car les résultats qu’il indique coïncident avec la « vraie valeur ». Scientifiquement, l’exactitude d’un système de mesure est liée à deux types de caractéristiques : la justesse et la fidélité. Un appareil est exact s’il est à la fois juste et fidèle.

S’il y a une erreur de mesure celle-ci ne peut venir de la règle utilisée car elle est figée. L’erreur ne peut venir que de l’opérateur. Dans notre cas, le risque d’erreur est extrêmement réduit grâce à la simplicité de la mesure. Enfin cet appareil de mesure est fidèle. La répétition des mesures donne forcement le même résultat, car la méthode de calcul des points d’entrés des fils sur les tempes est rudimentaire.

Lors de l’intervention, avec ces règles le praticien positionnera les ouvertures pour placer les fils de façon très précise. La taille de la règle et les encoches utilisées (ou les demi-encoches) seront notées dans le compte-rendu qui contiendra aussi des photographies de la face avec l’emplacement des fils dessinés par l’opérateur. Ainsi à tout moment il est possible de retrouver les fils. Tout médecin poseur de fils pourra facilement localiser ceux-ci. Et cela sera d’autant plus aisé si, lui aussi, possède des règles aux mêmes dimensions.

Conclusion

Il n’y aucune raison que dans un certain nombre d’année, le fil utilisé actuellement en « parallèle », n’agisse plus. S’il n’y a pas de prise de poids importante, les fils continuerons à agir. Il faut admettre, très sincèrement, que la durée de vie du résultat des nouveaux fils sera supérieure à ceux posés dans les années passées. Les nouveaux fils s’useront moins et ne s’allongeront pas.

D’autres fils seront encore inventés. Je crois très sincèrement que la technique des fils tenseurs permanent va se développer. La mise en position parallèle des fils supprime les effets indésirables de cisaillement crânien et réduit drastiquement les douleurs provoquées par la superposition des fils au niveau des tempes. L’instrument que je viens de décrire permettra d’amplifier la sensation de rigueur et de sérieux des praticiens poseurs de fil tenseur permanent.

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À propos de l’auteur

Bruno ENJALBERT

Médecin esthétique Diplômé de MMAA en 2014 et DU calvitie en 2016, membre de l'AFME, email: contact@esthetiquemedical.fr

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