Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge

Usage de la metformine en anti-âge

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Cet article est tiré du livre de son auteur  « Le programme anti-âge du Pr Méningaud »

 

La metformine est un antidiabétique oral de la famille des biguanides normoglycémiants utilisé comme traitement de référence dans le traitement du diabète de type 2. Après une histoire mouvementée, elle a actuellement un regain d’intérêt en anti-âge.

Histoire

La metformine, ou 1,1-diméthylbiguanide hypochloride, est liée historiquement à la galégine, une plante médicinale, (Galega officinalis ou lilas français) et utilisée dès le Moyen-Âge notamment comme vermifuge. En 1772, John Hill recommande son usage pour traiter les symptômes (polydipsie, polyurie) d’une maladie qui sera identifiée comme étant le diabète. La galégine est riche en guanidine dont on montra au début du 20e siècles les propriétés hypoglycémiantes.

Des dérivés de la guanidine furent synthétisés dans les années 20 et 30, y compris la metformine. Puis certains, comme la phénformine et la buformine (mais pas la metformine) furent utilisés comme traitement du diabète puis retirés du marché en raison d’effets secondaires trop importants (dans les années 70), notamment des acidoses lactiques potentiellement mortelles.

C’est la raison pour laquelle, tous les biguanides ont eu pendant longtemps une mauvaise réputation. A la même époque, une autre catégorie de médicaments antidiabétiques apparaissait, les sulfamides hypoglycémiants, ce qui contribua à diminuer l’intérêt pour les biguanides en général et la metformine en particulier. Curieusement, dans les années 40, on s’intéressa aux propriétés anti-malariennes (paludisme) et antigrippales de la metformine. Cela mérite d’être relevé pour souligner que beaucoup de molécules anciennes ont des propriétés antivirales, comme cela a pu être soutenu récemment pour la chloroquine vis à vis des coronavirus, notamment par le Pr Didier Raoult.

En 1957 (1909–1997), Jean Sterne, un médecin français, travaillant dans un laboratoire proche de Paris (Laboratoire Aron à Suresnes, France) fait une communication dans un petit congrès puis des publications dans des revues francophones. Il réalisa les premiers essais cliniques chez l’homme de la metformine utilisée comme agent antidiabétique oral. Il confirma les propriétés hypoglycémiantes de la metformine et surtout le caractère modéré des effets secondaires contrairement aux autres biguanides.

La metformine ne fut reconnue par la FDA aux USA et au Canada qu’en 1994 et utilisée en Amérique l’année suivante. Mais l’histoire de la metformine ne s’arrête pas là puisqu’elle est de plus en plus utilisée, hors AMM (autorisation de mise sur le marché) comme médicament anti-âge.

Pharmacologie de la metformine

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À propos de l’auteur

Jean-Paul MENINGAUD

Professeur au GHU Henri Mondor de Créteil depuis 2009, promu à la 1ère classe en 2017, Chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice, esthétique et maxillo-faciale depuis 2012, Ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Ancien Chef de Clinique à la Salpêtrière.  Expert judiciaire près la Cour d’Appel de Paris, Agréé par la Cour de Cassation. Spécialiste de la face, il a participé à 7 greffes de visage depuis 2007. Docteur es Sciences, il consacre une partie importante de son temps à la recherche et publie une vingtaine d’articles scientifiques référencés par an.  En 2011, il a reçu une des plus grandes distinctions en chirurgie plastique, le James Barret Brown award aux États-Unis pour ses travaux sur les prélèvements de greffes de visage. En 2014, il a été élu Président de l’association européenne de sa discipline (EACMFS in 2018-2020). Il a créé trois Diplômes d’Université qui font référence dans le domaine de la médecine esthétique. Il reste passionné par le soin des patients au jour le jour.

2 commentaires

  1. Roland MARQUET le

    Un article de synthese , l auteur de l article un homme exceptionnel !

    Le lecteur reste humble : je ne me permettrais pas de noter ce serais présomptueux de ma part ;

    dr r marquet

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