Le lissage des fines rides par injection

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Véritables « fractures » du derme, les ridules et fines rides sont caractérisées par une altération du réseau fibrillaire collagénique et élastique des couches superficielles de la peau. Ces rides restent visibles même lorsque la peau est mise en tension. Bien entendu, elles sont d’autant plus présentes et marquées que le vieillissement du derme est avancé, soit photo-induit, soit par le temps, soit par les agressions externes ou internes telles qu’un excès de radicaux libres.

Elles peuvent être présentes sur tout le visage mais les rides fines principales sont celles : du front, de la patte d’oie, de la lèvre supérieure, du milieu de la joue, des sillons nasogéniens (il faut différencier cette cassure dermique du creux sous celle-ci, qui crée le sillon) et du menton. Elles sont en rapport avec les mimiques et expressions du visage mais aussi avec les plis cutanés pris pendant le sommeil lorsque le visage est en appui sur l’oreiller par exemple.

A la différence des plis, sillons et rides profondes, ce type de ride est accessible aux traitements exfoliants tels que peelings et abrasions.

Choisir l’injection d’un produit de comblement pour traiter ces rides très fines vient surtout du souhait du patient d’obtenir un résultat immédiat, sans suites invalidantes, complétant souvent le traitement d’autres parties de son visage, comme la restauration de ses volumes.

LE LISSAGE SUPERFICIEL

Il s’agit de corriger la fracture dermique un peu comme on remplirait une fissure dans un mur avec du plâtre. Il ne doit y avoir aucune augmentation de volume dans la zone traitée mais un simple effet de « lissage » de la cassure. Si celle-ci est ancienne, il faut accepter que la correction ne soit pas à 100% dès le premier traitement mais elle pourra s’améliorer dans le temps, au fil des séances.

L’intervention demande beaucoup de précision. Le médecin doit être un bon technicien, utiliser le bon produit (ici acide hyaluronique) et le bon matériel, notamment les aiguilles.

Le produit

L’implant injectable doit être d’emploi maniable, diffuser aisément puis bien s’intégrer dans le derme superficiel où il est injecté. Il doit avoir une visco-élasticité suffisante pour se placer à l’endroit souhaité, dans la fracture dermique et pouvoir être modelé (modérément) après l’injection afin de laisser une petite marge de travail.

Autrefois, le collagène nous permettait d’obtenir assez facilement ce type de correction. Aujourd’hui, un bon acide hyaluronique doit se rapprocher de cette aisance tout en apportant une bien plus longue durée du résultat.
Bien entendu, un acide hyaluronique plus fluide donnera plus facilement un bon résultat mais perdurera moins qu’un acide hyaluronique plus réticulé ou plus concentré. C’est un compromis à considérer.

Le matériel

Plus la seringue est fine et plus l’injection est maitrisée, avec une pression sur le piston moins forte.

S’agissant d’injection très superficielle, généralement avec un effet de « blanchiment », des aiguilles fines seront bienvenues mais cela dépendra encore de l’épaisseur et de la texture de la peau et de la viscosité du produit employé.
On pourrait penser que des aiguilles très fines type 32G seraient toujours les meilleures dans cette indication. Ce n’est pas le cas. Des aiguilles très fines sur une peau déshydratée peuvent entrainer des effets de « billes » en surface de la peau après la correction, surtout avec des produits plus épais.
Dans la même taille 30G1/2 par exemple, certaines aiguilles ont un débit plus important. cela va encore influer sur les résultats.

Enfin, la forme et la longueur du biseau de l’aiguille vont aussi rendre le travail plus simple ou plus ardu.

Il est difficile de donner un avis systématique pour chaque type d’aiguille. Le praticien doit essayer et comparer différents matériel pour se faire une idée. Il pourra ainsi améliorer grandement sa technique.

ACIDE HYALURONIQUE ET LISSAGE

Selon les divers produits sur le marché, il n’est pas rare d’observer des effets inesthétiques tels qu’un implant visible ou palpable, voire la formation ultérieure de cordons transparents ou bleutés, même en cas d’injection bien réalisée, c’est-à-dire sans sur-correction immédiate.

Si l’on exclue les cas d’injections mal faites (irrégulières ou excessives), l’expérience montre que cet effet apparait sur certaines peaux (en général fines et réactives) et plus fréquemment avec certains produits qu’avec d‘autres.

En dehors de leur différences de concentration, les acides hyaluroniques ne sont pas semblables. Les études histologiques et les mesures rhéologiques montrent que chaque produit présente des caractéristiques et des propriétés visco-élastiques qui lui sont propres. Elles sont dépendantes de la fabrication.

Certaines étapes (en particulier finales) de la fabrication sont parfois brevetées et exclusives. Elles peuvent apporter des variations dans l’homogénéité, la cohésion et la visco-élasticité du gel. Certains gels présentent des viscosités différentes en leur sein, pouvant mélanger simples et doubles réticulations en proportions variables.

Un gel bien conçu peut pénétrer dans les petits espaces intradermiques, permettant la correction fine des rides et ridules, tout en réduisant la possibilité de durcissement et de visualisation de l’implant a posteriori.

TECHNIQUE D’INJECTION

L’injection de « lissage » doit se faire avec un excellent éclairage placé à 45° environ de la surface cutanée du patient, face au médecin. Ainsi les reliefs sont mieux visualisés. Si nécessaire la vue du praticien doit être corrigée, certains utilisent des lunettes loupes à fort grossissement.

Le médecin doit être bien assis et trouver des appuis stables pour son poignet, sa main ou son avant bras. L’injection doit être très précise.

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À propos de l’auteur

Jean-Luc MOREL

Le Dr Jean-Luc MOREL est président de l'AFME. Il exerce les actes à visée esthétique depuis 1985 et la Médecine Anti-âge depuis 1995. Il a enseigné ces disciplines pendant plus de 20 ans et a été Directeur d'enseignement à l'Université.

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