Lipoatrophie faciale et acide polylactique chez le patient porteur du VIH

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Le SIDA était une maladie dont le pronostic se mesurait à court terme jusqu’à l’arrivée en 1996 de médicaments spécifiques (inhibiteurs nucléosidiques de le transcriptase inverse et inhibiteurs de protéases), faisant ainsi nettement chuter le taux de mortalité et attribuant à cette maladie le terme “chronique”, tout au moins dans les pays offrant un large accès à la thérapeutique.

Le patient immuno-déficient porteur du virus HIV, s’il souhaite combattre l’évolution de la maladie, doit prendre des traitements, essentiellement par voie orale, dont certains effets secondaires sont désormais bien connus. L’un d’entre eux est la lipodystrophie, définie comme une modification physique par redistribution des zones graisseuses en différentes régions du corps.

Je me suis intéressé à l’atrophie de la région jugale, en raison de sa position anatomique essentielle au sein du visage et de sa vulnérabilité spécifique : en effet, le patient HIV voit ce dernier se transformer, avec un creusement progressif des joues, l’impact social de cette modification anatomique devenant majeur.

Depuis quelques années, il peut bénéficier d’une prise en charge de cette pathologie d’origine iatrogène grâce à l’injection de produits de comblement dont un est reconnu et remboursé par la sécurité sociale, l’acide polylactique (APL).

Rappelons qu’embryologiquement, le corps adipeux de la joue, dérivant du premier arc branchial, va apparaître chez le fœtus comme une masse prédéveloppée entre le buccinateur et le bord inférieur du masséter.

Sur le plan anatomique, la boule de Bichat (N° 18 de la coupe coronale ci-dessus) crée une zone d’amortissement lors de l’action des muscles de la mastication, car enfilée entre les muscles masséter, buccinateur et zygomatique. Mais elle y représente également une zone de glissement (syssarcose). On la divise classiquement en trois principaux lobes, antérieur, intermédiaire et postérieur, dont chacun émet des extensions (masséterine, temporale superficielle, temporale profonde, ptérygomandibulaire, sphénopalatine et sous-orbitaire). Son contenu est richement vascularisé, dérivant des branches des artères maxillaire et faciale.

plan anatomique

Après ce bref rappel, il apparaît important de bien définir le terme de lipodystrophie.

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David PAJTLER

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