En rajeunissement esthétique du visage, les premières options évoquées sont presque systématiquement les mêmes : de l’acide hyaluronique pour combler les rides, de la toxine botulique pour détendre les muscles qui les creusent et parfois un biostimulant injectable pour « booster » la production de collagène et d’élastine, apportant un effet liftant supplémentaire. Cette stratégie quasi réflexe reflète une réalité de marché : les injectables représentent l’immense majorité des actes de médecine esthétique en France et dans le monde.
Les lasers, eux, ont d’abord construit leur réputation dans des indications ciblées – l’épilation durable préférée à définitive, le détatouage, les cicatrices d’acné. Leur image dans le grand public reste souvent associée à des procédures agressives, à de longs temps d’éviction sociale, à des risques de brûlure. Cette prescription freine aussi bien les patients que les prescripteurs.
Elle est pourtant largement dépassée par les données disponibles. Le resurfacing par laser Erbium:YAG tel qu’il est proposé par Fotona – pionnier de la technologie laser médicale et esthétique depuis plus de 60 ans et détenteur de nombreux brevets – offre une palette thérapeutique curative et préventive que les injectables ne peuvent pas reproduire. Cet article propose une comparaison rigoureuse des deux approches, fondée sur la littérature scientifique, et plaide pour que le resurfacing Erbium:YAG prenne la place qu’il mérite dans l’arsenal du médecin esthétique.
Panorama des techniques actuelles de réjuvénation cutanée
Les injectables : efficacité immédiate, action localisée
Acide hyaluronique (HA)
Les fillers à base d’acide hyaluronique restent la technique d’injection la plus pratiquée au monde. Leur effet plus ou moins volumateur selon la zone traitée est immédiat, leur réversibilité par la hyaluronidase constitue un filet de sécurité appréciable. Les données récentes confirment leur efficacité dans la correction des sillons nasogéniens et la restauration du volume malaire, avec des résultats qui se maintiennent 12 à 18 mois selon les formules de réticulation. Une méta-analyse de 2025 incluant 748 participants retrouve un taux de répondeurs significativement supérieur à celui des groupes contrôlés (RR = 3,27; IC 95%: 2,26 à 4,75).
Mais les fillers n’agissent ni sur la qualité intrinsèque de la peau, ni sur son vieillissement biologique. Ils ne traitent pas les rides de surface (ridules), les irrégularités de texture, les dyschromies ou les lésions précancéreuses. Leur effet est essentiellement volumétrique et temporaire. Les effets indésirables peuvent être graves – embolie vasculaire, nécrose cutanée – mais restent rares mais documentés et imposent une formation rigoureuse du praticien.
Toxine botulique
La toxine botulique reste incontournable pour le traitement des rides d’expression dynamiques. Son mécanisme de relaxation musculaire est bien établi, ses résultats prévisibles sur 3 à 6 mois. Elle ne s’adresse pas aux rides statiques, au relâchement cutané ni à la qualité de la peau. Aucune propriété préventive ou régénératrice n’a été démontrée pour cette molécule.
Biostimulants injectables
Les biostimulants (hydroxyapatite de calcium, acide poly-L-lactique, PDRN, polynucléotides) ciblent la néostimulation collagénique par voie injectable. Leurs résultats sont progressifs et durables, jusqu’à 24 mois pour certains. Ils présentent l’avantage d’une action régénératrice sur le derme, mais leur champ d’action reste limité aux zones injectées et ils exposent à des complications spécifiques (nodules, inflammation).
Skin boosters
Les skin boosters à base d’acide hyaluronique faiblement réticulé ou non réticulé améliorent l’hydratation profonde et l’éclat cutané. Leurs effets sont réels mais modestes et transitoires (3 à 6 mois). Ils ne s’adressent pas aux rides constituées, ni au relâchement ou aux lésions cutanées.
Les lasers ablatifs : principalement CO2 et Erbium:YAG
Dans la famille des lasers ablatifs, deux longueurs d’onde dominent : le CO2 (10 600 nm) et l’Erbium:YAG (2 940 nm). Ils partagent le principe de l’ablation thermique des couches superficielles de l’épiderme, mais diffèrent fondamentalement dans leur profil thermique et leurs conséquences cliniques.
Le CO2 délivre une chaleur résiduelle importante responsable d’une carbonisation tissulaire. Cette caractéristique explique son efficacité sur les rides profondes mais aussi ses risques plus élevés : hypopigmentation cicatricielle, retard de cicatrisation, éviction solaire prolongée (6 mois), gestion postopératoire contraignante. Malgré ces inconvénients, il reste encore trop souvent la référence proposée par défaut par la majorité des praticiens.
L’Erbium:YAG présente une affinité pour l’eau 12 à 16 fois supérieure à celle du CO2. Cette propriété physique fondamentale se traduit par une ablation précise des couches atypiques de l’épiderme avec une diffusion thermique minimale aux tissus adjacents.
C’est cette caractéristique qui confère à l’Erbium:YAG un profil de sécurité et de tolérance supérieur, une cicatrisation accélérée et une adaptation possible à tous les phototypes.
Physique et mécanismes de l’Erbium:YAG Fotona
La longueur d’onde (2 940 nm) de l’Erbium:YAG correspond au pic d’absorption maximal de l’eau dans le spectre infrarouge. Concrètement, chaque impulsion laser vaporise de façon quasi instantanée les molécules d’eau contenues dans les kératinocytes épidermiques, produisant une ablation couche par couche, précise et contrôlable.
Fotona a développé une technologie d’impulsions à durée variable (Variable Square Pulse, VSP) qui permet de moduler à la fois la profondeur d’ablation et la chaleur résiduelle transmise au derme.
Ce contrôle du temps de pulse, associé à la géométrie spatiale du spot, ouvre cinq modes thérapeutiques :
- Mode ablatif court pulse (MSP / SP) : ablation froide ; ablation précise de l’épiderme sans carbonisation. Récupération rapide (2 à 5 jours), risque minimal. Adapté aux lésions superficielles, kératoses (actiniques et séborrhéiques), prévention des cancers cutanés et dyschromies. Tous phototypes.
- Mode ablatif long pulse (LP / VLP / XLP) : ablation chaude, combinant ablation épidermique et chaleur résiduelle plus importante, renforçant la stimulation collagénique. Récupération en 5 à 7 jours (rougeurs et œdème cutané transitoires). Indiqué pour les peaux très abîmées, les rides profondes et les cicatrices d’acné. Phototypes clairs (I-III).
- Mode Smooth non ablatif (impulsions ultra-longues empilées) : épiderme préservé, accumulation progressive de chaleur à 60-65°C dans le derme superficiel, stimulation de la néogénèse collagénique sans ablation épidermique. Aucune éviction sociale. Actif sur les rides superficielles, le relâchement cutané, le rajeunissement global et le syndrome génito-urinaire de la ménopause.
- Mode fractionné (MTZ) : micro-canaux d’ablation en réseau, préservant la peau périphérique pour une cicatrisation rapide. Utilisé pour les cicatrices d’acné, le rajeunissement global du visage, les zones fragiles (cou et décolleté) et les vergetures.
- Mode Full Beam – ablatif plein : faisceau plein continu permettant une ablation couche par couche de lésion entière. Indiqué pour les cicatrices marquées, l’exérèse de lésions bénignes (verrues, kératoses), les xanthélasmas et les dyschromies. Correspond à une chirurgie laser de précision.
Cette capacité modulaire pour ainsi dire fait de l’Erbium:YAG Fotona un outil capable de couvrir l’ensemble du spectre thérapeutique : du traitement non ablatif doux jusqu’au resurfacing profond, en passant par tous les intermédiaires fractionnés.
Les données scientifiques disponibles
Efficacité sur le rajeunissement cutané
Les études disponibles confirment de façon cohérente l’efficacité du resurfacing Erbium:YAG sur le vieillissement cutané, les rides et la texture cutanée. Une revue de 2023 dans le World Journal of Otorhinolaryngology Head and Neck Surgery (Russel et al.) confirme que l’Erbium;YAG permet une ablation précise avec de moindres lésions thermiques, des temps de cicatrisation plus courts et une adaptation sûre à tous les phototypes.
Nistico et al. (Medicines, 2021) rapportent 25 ans d’expérience au sein d’un centre unique avec plus de 3 000 patients traités par laser Erbium pour des indications variées (kératoses séborrhéiques, cicatrices, xanthélasmas, verrues). Le taux de réponse complète atteint 89.6% sans effet secondaire significatif. L’anesthésie locale n’a été nécessaire que chez une minorité de patients, soulignant le profil de tolérance favorable.
Sur le plan histologique, les études démontrent une néogenèse collagénique dans le derme papillaire superficiel dès 3 mois après le traitement, une diminution de l’élastose solaire et une réorganisation architecturale de l’épiderme.
Un consensus d’experts international publié en 2025 (Groot et Smith, étude Fotona 4D) confirme que les modes Erbium:YAG améliorent spécifiquement les rides, la texture et l’élasticité cutanée, avec une synergie démontrée en combinaison avec le Nd:YAG.
Une revue de 2024 dans le Journal of Cosmetic Dermatology (Haykal et al.) précise que contrairement au CO2, l’Erbium:YAG réduit le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire et de cicatrices hyperpigmentées, tout en raccourcissant le temps de récupération.
La revue systématique de Tai et al. (2021, Skin and Appendage Disorders) portant sur le resurfacing laser comme monothérapie des kératoses actiniques conclut que le resurfacing ablatif complet – incluant l’Erbium:YAG – est plus efficace que les techniques fractionnées, avec des taux de clearance supérieurs à 86 %, comparables à ceux obtenus avec la 5-fluorouracile topique.
Erbium:YAG versus CO2 fractionné (résumé)
- Absorption de l’eau : Er:YAG 12 à 16 fois supérieure au CO2
- Diffusion thermique résiduelle : minimale avec Er:YAG vs significative avec CO2
- Risque de carbonisation : absent avec Er:YAG, présent avec CO2
- Temps de cicatrisation : 5 à 8 jours avec Er:YAG vs 2 à 4 semaines avec CO2
- Hyperpigmentation post-inflammatoire : rare avec Er:YAG, fréquente avec CO2
- Adaptation aux phototypes foncés : Er:YAG possible, CO2 risqué
- Prévention kératoses actiniques : démontrée avec Er:YAG, données CO2 anciennes
Chimioprévention des cancers cutanés non mélanocytaires : un argument de santé publique
C’est sur ce point que l’Erbium:YAG se distingue radicalement de tous les injectables et de toutes les autres procédures esthétiques non invasives. Les kératoses actiniques (KA) sont des lésions épidermiques précancéreuses directement induites par l’exposition solaire intensive et/ou prolongée. Elles constituent les précurseurs directs du carcinome épidermoïde cutané (CEC).
En France, l’incidence annuelle des carcinomes cutanés non mélanocytaires est estimée à 135 000 à 150 000 nouveaux cas (INCa). L’enquête REAKT menée fin 2022 auprès de 15 246 individus représentatifs de la population française retrouve une prévalence significative de kératoses actiniques diagnostiquées au cours de la vie, dont 68.9 % chez des sujets de plus de 65 ans.
L’étude EPIKA, conduite à partir des données du Système National des Données de Santé sur plus de 250 000 patients, confirme une évolution grandissante vers la chirurgie cutanée chez une fraction non négligeable des patients traités pour des KA – signe indirect d’une transformation vers le carcinome épidermoïde.
Dès 2006, Ostertag et al. ont mis en évidence l’intérêt du resurfacing ablatif complet, alors réalisé au CO2, dans la prévention des kératoses actiniques (KA) et des cancers cutanés non mélanocytaires. De leur côté, Jiang et al. (Dermatologic Surgery, 2000) ont montré qu’avec l’Erbium:YAG, deux à trois passages permettaient de réduire les KA faciales de 86 à 96%, avec confirmation histologique de la régression des lésions épidermiques.
Ces résultats ont été confirmés et étendus depuis par d’autres études. Smucler et al. (Lasers in Surgery and Medicine, 2008) ont montré que la combinaison Er:YAG + photothérapie dynamique améliore significativement la prise en charge des carcinomes basocellulaires nodulaires, ouvrant une voie thérapeutique non chirurgicale.
De plus des études observationnelles récentes (dont celle de Schweiger et al.) confirment le rôle de chimio prévention de l’Erbium:YAG en resurfacing ablatif superficiel régulier, agissant sur les kératoses actiniques infracliniques – les lésions non encore visibles à l’œil nu.
Ce mécanisme préventif repose sur la destruction sélective des kératinocytes atypiques, avec une profondeur d’ablation parfaitement contrôlée et sans carbonisation des tissus adjacents. Aucun injectable, aucun biostimulant, aucun skin booster ne dispose de données comparables sur cet objectif.
Traitement de la ménopause génito-urinaire : Er:YAG vs CO2
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (GSM) – atrophie vaginale, sécheresse, dyspareunie, incontinence d’effort – touche 10 à 45 % des femmes ménopausées. Les alternatives non hormonales sont peu nombreuses, ce qui place les lasers vaginaux dans une position thérapeutique à fort enjeu. Deux longueurs d’onde sont étudiées dans cette indication : le CO2 fractionné et l’Erbium:YAG. Leur comparaison est instructive.
Le CO2 fractionné vaginal a été le premier laser évalué dans cette indication. Salvatore et al. (2017) ont montré sur une étude pilote une amélioration des symptômes à 12 semaines. Une étude multicentrique prospective chinoise (Li et al., Lasers in Surgery and Medicine, 2021) portant sur 162 patientes confirme que le CO2 fractionné améliore la sécheresse, les brûlures et la dyspareunie de façon comparable à l’oestriol topique, avec un maintien des résultats à 6 à 12 mois. Ces résultats sont réels, mais ils sont obtenus avec une longueur d’onde dont la diffusion thermique plus profonde impose une gestion soigneuse des paramètres pour éviter les effets indésirables muqueux.
L’Erbium:YAG présente un profil différent. Gaspar et al. (PMC, étude comparative) ont évalué 50 patientes atteintes de GSM en comparant trois sessions d’Er:YAG (mode non ablatif, 2 940 nm) à un traitement par ovules d’oestriol. Les résultats histologiques à 1, 3, 6 et 12 mois montrent une amélioration de l’index de maturation vaginale, de la valeur de maturation et du pH. Les bénéfices sur les symptômes se maintiennent jusqu’à 18 mois. Les auteurs soulignent explicitement que la moindre diffusion thermique de l’Erbium:YAG par rapport au CO2 réduit le risque d’infection, de nécrose et de cicatrisation indésirable de la muqueuse.
Pour l’incontinence d’effort associée au GSM, Mortensen et al. (Acta Obstet Gynecol Scand, 2022) notent dans leur revue que l’Erbium:YAG montre une amélioration plus nette que le groupe témoin dans un RCT portant sur 114 femmes, tandis que les données du CO2 sur cette indication spécifique restent moins robustes.
L’Erbium:YAG dispose également de données solides chez les survivantes de cancer du sein, population pour laquelle les traitements hormonaux sont contre-indiqués. Gambacciani et al. (Menopause, 2017) ont publié une étude pilote chez des patientes survivantes de cancer sous traitement anti-hormonal, montrant l’amélioration des symptômes de GSM sans évènement indésirable. Ce résultat est confirmé par une étude prospective récente de Ferreira et al. (J Cosmet Dermatol, 2025) conduite chez 12 patientes dans cette indication, avec des modifications histologiques documentées.
Tableau comparatif des principales techniques
Comparaison des techniques de réjuvénation cutanée selon leur mécanisme, leur durée d’effet, leur profil de sécurité et leur potentiel préventif oncologique.
| Technologie | Mécanisme principal | Durée résultat | Enjeux sécurité | Prévention oncologique |
| Fillers HA | Volumisation / comblement | 6 à 18 mois | Embolie vasculaire, nécrose (rare) | Aucune |
| Toxine botulique | Relaxation musculaire | 3 à 6 mois | Diffusion, ptosis (transitoires) | Aucune |
| Biostimulants | Stimulation collagène (injectable) | 12 à 24 mois | Nodules, inflammation | Aucune |
| Skin boosters | Hydratation profonde | 3 à 6 mois | Ecchymoses locales | Aucune |
| CO2 fractionné | Ablation + chaleur profonde | 12 à 36 mois | Carbonisation, cicatrices, hypo/hyperpigmentation prolongée | Partielle (études CO2 anciennes) |
| Erbium:YAG (Fotona) | Ablation précise + remodelage dermique | 12 à 36 mois+ | Profil favorable : récupération courte, tous phototypes | Démontrée (KA, prévention CEC) |
Arguments pour le praticien : changer le discours face au patient
La réticence des patients vis-à-vis du laser esthétique repose sur plusieurs idées reçues : peur de la douleur, de l’éviction sociale prolongée, de résultats inégaux ou d’un aspect « brûlé ». Ces craintes sont largement héritées de l’ère du CO2 non fractionné.
Le praticien dispose aujourd’hui d’arguments solides pour les déconstruire.
Ce que l’Erbium:YAG Fotona peut apporter que les injectables ne font pas
L’Erbium:YAG Fotona se distingue des injectables par sa capacité à agir directement sur la qualité intrinsèque de la peau. Là où les injections ciblent principalement le volume, la contraction musculaire ou l’hydratation, ce laser permet d’améliorer la texture cutanée, l’éclat du teint, les dyschromies et l’aspect des pores dilatés. Il présente également un intérêt dans la prise en charge des rides superficielles et péri-orales, souvent difficiles à corriger avec les injectables classiques. En stimulant la synthèse de collagène et d’élastine dans le derme, sans recours à l’injection, il favorise un remodelage progressif et naturel de la peau. Son champ d’action s’étend aussi au traitement des cicatrices d’acné ou des cicatrices traumatiques, ainsi qu’à la destruction des kératoses actiniques cliniques et infracliniques, participant ainsi à la prévention du carcinome épidermoïde. L’Erbium:YAG Fotona trouve par ailleurs une place dans la prise en charge des symptômes de la ménopause génito-urinaire, notamment chez les patientes pour lesquelles les traitements hormonaux sont contre-indiqués. Enfin, ses résultats, durables de 12 à 36 mois selon les indications et les protocoles, permettent de réduire la fréquence des séances par rapport aux injections répétées.
Profil de tolérance : répondre aux objections
Le profil de tolérance de l’Erbium:YAG Fotona constitue l’un de ses principaux atouts face aux idées reçues encore associées aux lasers esthétiques. Pour un resurfacing superficiel à intermédiaire, le temps de récupération reste relativement court, avec une ré épithélialisation qui s’opère généralement en 5 à 8 jours. L’érythème résiduel, lorsqu’il persiste, s’atténue le plus souvent progressivement sur une période de 3 à 6 semaines. Contrairement au laser CO, il peut également être utilisé sur les phototypes IV à VI, sous réserve d’un réglage adapté des paramètres et d’une bonne maîtrise du protocole. Enfin, son absence de carbonisation limite le risque de cicatrice hypo-pigmentée liée à ce phénomène, ce qui renforce son intérêt dans une approche plus sécurisée et mieux tolérée du resurfacing cutané.
Limites et indications à connaître
Cette technologie ne permet pas de restaurer un volume perdu et ne se substitue donc pas aux fillers lorsqu’il s’agit de remodeler les volumes du visage, notamment au niveau des pommettes, des lèvres ou des joues creuses. Dans ces indications, la complémentarité entre les injections et le laser constitue souvent la stratégie la plus pertinente. Les résultats obtenus sur les rides très profondes peuvent également être inférieurs à ceux du CO2 utilisé en mode ablatif profond. Pour ce type de prise en charge, un resurfacing combiné ou une approche progressive peut être envisagé selon l’indication, la qualité de peau et les attentes du patient. Par ailleurs, le diagnostic préalable de toute lésion cutanée reste indispensable avant traitement : le laser ne remplace ni la dermatoscopie, ni la biopsie lorsqu’un doute clinique persiste. Enfin, la qualité et la sécurité des résultats dépendent directement de la formation du praticien, qui doit maîtriser avec précision les paramètres physiques du laser, notamment la géométrie du spot, la fluence, le temps de pulse, la fréquence et le nombre de passages.
Résultats avant après

Peeling léger : résultat à 7 jours. Mode LP, 1 à 2 passages, chevauchement 20 à 30%.
Avec l’aimable autorisation du Dr Zimmermann MD, Las Vegas, USA

Relissage périoral, 60 jours après.
Avec l’aimable autorisation du Dr Paciolla, Italie

Resurfacing lentigos et texture de la peau, 2 semaines après une séance.
Fractionné 1J/cm2 mode SP Spot 7 mm 6 Hz 3 passages
Avec l’aimable autorisation du Dr Pidal, Argentine

Relissage périoculaire
Avec l’aimable autorisation du Dr Paciolla, Italie
Médecine esthétique et santé publique : une place à revendiquer
L’argument de chimio prévention des cancers cutanés non mélanocytaires pourrait conférer à la médecine esthétique laser une dimension de santé publique trop souvent ignorée par les pouvoirs publics.
En France, les dermatologues font face à une saturation croissante de leur activité. Les délais de consultation s’allongent, notamment pour les actes de surveillance et de traitement de kératoses actiniques.
L’étude EPIKA souligne que la maladie est probablement sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée dans la population générale, rendant difficile son étude épidémiologique précise.
Dans ce contexte, les médecins esthétiques et laséristes bien formés représentent un renfort possible dans la prise en charge préventive des KA, à condition de disposer des équipements adaptés et d’une formation rigoureuse. La reconnaissance institutionnelle de cette complémentarité est un enjeu pour l’ensemble de la profession.
Conclusion
Le resurfacing Erbium:YAG par Fotona n’est pas une alternative aux injectables : c’est une technique complémentaire aux indications propres, aux données cliniques solides et à une valeur préventive oncologique unique dans l’arsenal de la médecine esthétique. Son image négative héritée de l’ère du CO2 agressif n’est plus justifiée.
Les praticiens qui savent le présenter et le proposer à leurs patients disposent d’un outil d’une polyvalence remarquable : rajeunissement cutané durable, traitement des cicatrices, chimio prévention des kératoses actiniques, prise en charge de la ménopause génito-urinaire. Et la littérature scientifique récente leur donne les arguments pour le faire avec conviction. Il reste à construire une reconnaissance institutionnelle à la hauteur de cette réalité clinique.
Références
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