Prise en charge des bajoues avec les fils tenseurs

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Tout praticien est confronté au vieillissement du visage, qu’il s’agisse de la détérioration de la texture, ou du relâchement. Les fils tenseurs constituent une des solutions possibles pour corriger le relâchement.

Jusque dans les années 90, le lifting était la seule solution. Il s’agit d’une procédure lourde, nécessitant une hospitalisation, une anesthésie générale et une éviction sociale. Dans le milieu des années 90 sont apparus les premiers fils tenseurs. Depuis, plusieurs générations de fils ont vu le jour et sont maintenant couramment utilisés.

L’apparition des bajoues est une étape essentielle du vieillissement du visage survenant à partir de 45 ans. En modifiant l’ovale du visage, elle marque la transition vers la phase de maturité.

La particularité de cette zone (1/3 inférieur de la face) est qu’elle est soumise à des mouvements réguliers et répétés (mastication, sourire et parole). Cette dynamique doit être absolument préservée.

C’est également le lieu où le relâchement est le plus important. La difficulté dans la correction de cette zone consiste à maintenir une bonne dynamique tout en rétablissant un bel ovale.

Certains fils de suspension par leur élasticité, apportent une réponse à ce problème. Le but de cet article est de décrire les différentes étapes de la prise en charge, de façon très concrète, permettant d’obtenir une correction réussie.

PARTICULARITES ANATOMIQUES DE LA ZONE DES  BAJOUES

A partir de 40 ans, cette zone du visage expérimente la «loi de Newton ». Nous observons une fonte et une migration des graisses malaires et jugales vers le bas. Parallèlement, la peau perd en élasticité. Ainsi, le ptosis qui se constitue au niveau de cette zone est bien un processus « vertical ».

L’acte chirurgical se solde inévitablement par une cicatrice. La zone péri auriculaire étant l’endroit le plus approprié, la traction est en majeure partie horizontale.

Les fils tenseurs par contre apportent une traction verticale corrigeant la ptose d’une manière « physiologique ». Les bajoues modifient profondément la forme du visage. Ceci est accentué par l’aspect adhérant et fixe de la zone du menton.

Ce ptosis est exclusivement cutanéo-graisseux. Le dernier point à garder à l’esprit concerne l’extrême dynamique de cette zone. Le processus de correction doit absolument préserver cette flexibilité.

LES FILS

Il s’agit d’un implant composite non résorbable. Il se compose d’une matrice de silicone qui assure l’élasticité et la souplesse et une âme de polyester, en hélice qui fournit la résistance et le contrôle de l’élasticité (environ 20%).

Figure 1 : Fil avec le point central noir, les picots bidirectionnels et les aiguilles montées.

Figure 1 : Fil avec le point central noir, les picots bidirectionnels et les aiguilles montées.

Les crans sont arrondis, non agressifs, pointant dans les quatre directions. Il y a ainsi 24 petits crans/cm. Ces crans sont repartis en sens opposé de part et d’autre du centre du fil qui est matérialisé par un point noir. (Figure 1). Ils fournissent un ancrage non traumatique et efficace qui assure un effet tenseur pour environ 3 à 4 ans.

À partir d’un point d’entrée central, le fil est passé vers le cuir chevelu qui constitue la zone d’accroche, puis vers la joue qui constitue la zone de traction. Le nombre de fils placés dans cette zone est habituelle- ment de 2 ou 3 de chaque côté.

PHASE DE SELECTION

La sélection des patients est déterminée en tenant compte des critères suivants :

  • Patients âgés de 40 à 75 ans, avec petit ou moyen ptosis. Une bonne façon d’évaluer l’indication est de tracter vers le haut la peau dans la région temporale (simulant la correction) et d’observer le nombre de plis apparaissant. Plus que 3 plis est un relâchement trop important pour cette technique.
  • En bonne santé générale.
  • Profils psychologiques sains. Les dysmorphophobies doivent absolument être détectées et évitées.
  • Les personnes trop jeunes pour lifting chirurgical ou qui ne le souhaitent pas.
  • Le tissu ne doit pas être trop lourd ni trop mince. Il faut suffisamment de graisse pour l’ancrage mais pas trop de poids à supporter.
  • Pas de traitement anticoagulant et pas d’intolérance avec le fil dans le passé.

PHASE ADMINISTRATIVE

Comme dans la plupart des procédures, nous avons besoin :

  • De photographies « avant – après » (face, ¾ gauche et ¾ droite). Elles doivent être de bonne qualité, avec un fond neutre, une luminosité adaptée et une posture horizontale sans sourire.
  • D’être assuré pour ce type d’acte.
  • De fournir suffisamment d’explications au patient. Il doit savoir quels sont les résultats attendus, les grandes lignes de la procédure, le pré et post-soins nécessaire, les risques et une estimation du coût. Il doit signer un consentement éclairé.
  • D’un questionnaire clinique concernant les antécédents (médicaux, chirurgicaux et allergiques).
  • De fournir la prescription de soins avant le soin : Arnica ou Etamsylate 3 jours avant la procédure afin de limiter le risque d’hématome; Shampooing antiseptique la veille et le matin (povidone iodée); Antibiotique à commencer le matin de l’intervention pour 3 jours ( Amoxiciline + acide clavulinique ).
  • D’expliquer les règles de post soin : pas de massage facial pour 2 semaines ! Nettoyage doux, toujours de bas en haut, vie tranquille, dormir sur le dos si possible pendant 1 semaine.

MATÉRIEL NÉCESSAIRE

Pour l’asepsie :

  • Vêtements à usage unique patient/praticien (tenue à usage unique, gants stériles, calot, masque).
  • Champs stériles (90 * 150 fendu sur le patient, 70 * 90 sur la surface de travail).
  • Compresses stériles, povidone iodée, chlorhexidine.
  • Rasoir.

Pour l’anesthésie locale :

  • Lidocaïne 1 ou 2 % adrénaline (environ 2,5 cc pour chaque fil).
  • Seringue 10cc.
  • Aiguilles 30 G, 40 mm afin d’éviter les ponctions multiples et le risque d’hématome.

Pour le dessin :

  • Un marqueur, d’une règle souple et de l’acétone pour l’effacer ensuite.

Pour le passage du fil :

  • Aiguille Nokor ™, pince (surtout pour le passage dans le cuir chevelu) et une lame ou des ciseaux pour couper les fils.

PHASE « ARTISTIQUE »

Avant de commencer la procédure, nous devons déterminer le nombre de fils nécessaires, leur trajet et les points d’entrée et de sortie (Figure 2). Voici quelques conseils utiles :

Pour le point d’entrée, le premier peut être situé à 2 cm en avant du conduit auditif externe et le second encore   1 cm en avant (points rouges). Bien sûr, ils peuvent être situés à un endroit différent selon les lignes de direction choisies.

Figure 2 : Détermination des lignes de traction, des points d'entrées et de sorties.

Figure 2 : Détermination des lignes de traction, des points d’entrées et de sorties.

Pour déterminer les lignes de traction, nous pouvons réaliser un « V » inversé avec l’index et le majeur, appliquer une traction sur les bajoues et voir quelles lignes donnent les meilleurs résultats.

Le nombre de fils dépend de la largeur de la bajoue (deux fils pour une largeur de 3 cm et trois pour des largeurs plus importantes).

Les points de sortie sont déterminés pour une répartition optimale des forces (points bleus). L’aiguille doit sortir 5 mm en dessous de ces points en raison de la rétraction finale (Croix-Rouge).

Enfin, les lignes sont tracées avec le marqueur. Pour la région des bajoues, les lignes droites sont souhaitables. L’utilisation d’une règle pour le tracé peut être judicieuse. Bien sûr, l’opérateur reste en face de son patient et assure un dessin symétrique.

PRÉPARATION DU PATIENT

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À propos de l’auteur

Gilbert AMGAR

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