Les propriétés thérapeutiques peu connues du curcuma

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Notre vieillissement est grevé d’handicaps parfois insurmontables (cancers, accidents cardio-vasculaires, maladies auto-immunes, Parkinson, etc…) et ceci parfois dès l’âge de 40 ans.

Dans presque la majorité des pays l’être humain a cessé de rallonger son espérance de vie, qui avait gagné près de 40 ans en un siècle ! La faute à toutes ces maladies de la civilisation qui ont une origine commune, à savoir le « stress oxydatif », dû à une surcharge de radicaux libres. Même une alimentation équilibrée et correcte ne suffit souvent plus. D’où le recours généralement nécessaire aux anti-oxydants, dont fait justement partie le curcuma.

Historique : plante très ancienne, connue depuis plus de 6.000 ans aux Indes, probablement originaire du Viêtnam, elle est cultivée en Inde, en Chine et au Moyen-Orient.

Botanique : il existe environ 110 espèces de curcuma dont la plus courante est le « curcuma longa ». C’est la plus utilisée en raison de ses vertus bénéfiques à la santé.

Culture et récolte : avec une production annuelle de près de 636.000 tonnes, le 1er pays producteur, l’Inde, l’exporte dans 100 pays (surtout aux Émirats et aux USA). Pour faire une poudre de base, les rhizomes de curcuma sont moulus jusqu’à une dimension de particules de 300 microns. La poudre de curcuma s’oxyde à la lumière.

Biochimie : la curcumine, dont la structure moléculaire a été isolée en 1815 et obtenue sous forme cristalline en 1870, est non seulement un anti-oxydant très puissant (10 fois plus que la vitamine E), mais intervient dans la régulation d’un très grand nombre de signaux cellulaires.

Propriétés anti-inflammatoires et antalgiques puissantes :

Le curcuma est un anti-inflammatoire comparable aux A.I. non stéroïdiens et même aussi efficace que la cortisone et la phénylbutazone. Il serait même plus puissant que l’hydrocortisone en réduisant les niveaux d’histamine et en augmentant dans le sang le taux de cortisone naturelle produite par les surrénales. Le curcuma possède une action antalgique par libération de la substance P, impliquée dans la production du message de la douleur et en inhibant certaines enzymes impliquées dans la synthèse des substances inflammatoires, comme les prostaglandines E2 et les leucotriènes.

Il pourrait aussi augmenter l’effet du cortisol sur les cellules, voire prolonger la demi-vie de ce dernier et/ou diminuer sa dégradation hépatique.

Pouvoir anti-oxydant important :

Le curcuma est très efficace contre les lésions créées par les radicaux libres. Dès 1995, de nombreux travaux ont prouvé qu’il inhibait la peroxydation lipidique et neutralisait les radicaux super oxyde et hydroxyle.
Cet anti-oxydant, absolument exceptionnel, est trois fois plus puissant que le resvératrol, le pycnogénol, plus efficace que la vitamine C, la capsicaïne et la BHT.

VOYONS, PLUS EN DÉTAIL, CERTAINS DE SES EFFETS PROTECTEURS :

Contre les problèmes oculaires :

Le curcuma s’est révélé efficace contre toutes les inflammations oculaires, en particulier les uvéites, les infections et dégénérescences.

Contre les troubles digestifs :

Tant la Commission européenne que l’OMS reconnaissent l’efficacité du curcuma contre les dyspepsies. Même les Experts du WHO Collaborating Center for Traditional Medecine de l’Université de l’Illinois à Chicago confirment son action dans l’apaisement des inflammations digestives.

Contre les maladies neuro-dégénératives :

Le curcuma intervient dans la protection du système nerveux, y compris dans l’Alzheimer et le Parkinson, par augmentation surtout du taux de glutathion. Il agit aussi au-niveau des mitochondries du cerveau en limitant la formation des peroxynitrites, des ions contribuant à l’apoptose. Tout cela a été confirmé par le Prof. Gregory Cole, Directeur du « Alzheimer’s Disease Center » de l’Université de Californie.
Des études américaines, faites en 2004, puis en 2007 (in vivo) ont établi que le curcuma détruit les dépôts de protéines « béta-amyloïdes », endommageant les neurones dans l’Alzheimer.

Son effet est supérieur aux médicaments habituels, voire à l’ibuprofène réputé efficace pour cette pathologie.

Contre les problèmes cardio-vasculaires :

Le curcuma aide à abaisser le taux de cholestérol dans le sang, tout en augmentant sa fluidité, en ralentissant l’agrégation plaquettaire. D’ailleurs, en janvier 1997, une Étude parue dans le Journal « Molecular Cell Biochemestry » rapporte que le curcuma a démontré « in vivo » sa capacité à diminuer le cholestérol total et le HDL, tout en diminuant le LDL.

En avril 2008 cette même Revue confirme ces résultats, précisant que le curcuma apporte une très forte protection dans la prévention de la lipoperoxydation des membranes sub-cellulaires. L’ensemble de ces mêmes propriétés bénéfiques a été confirmé par une autre Étude faite, en 2002, à Amla Agar, aux Indes, par le Centre de recherche sur le Cancer.

Des Chercheurs espagnols, de l’Université de Grenade ont prouvé l’effet bénéfique du curcuma dans la prévention de l’athérosclérose.

2 autres Études, en 2008, dont l’une faite au Canada, attestent également le rôle protecteur du curcuma contre l’insuffisance cardiaque. Cette propriété serait due à l’inhibition, par le curcuma, de l’HAT (l’histone acétyl-transférase).

Contre les plaies et les maladies de la peau :

Comme l’ont prouvé des Études faites aux USA, à Bethesda, le curcuma agit en cas de plaies, d’ulcères, de mycoses, voire d’irritations cutanées. C’est un agent potentiel cicatrisant.

Dans les blessures on a toujours une inflammation, d’où découlent des doses élevées d’une enzyme, la NOS (oxyde nitrique synthétase), produisant de l’oxyde nitrique. L’agent cicatrisant et anti-inflammatoire idéal devrait pouvoir abaisser le niveau de NOS.
Et justement le curcuma a cette potentialité. Et certaines Études en cours montrent son effet bénéfique contre les brûlures dues aux rayons de la radiothérapie.

Contre les baisses de l’immunité :

Le curcuma agit comme stimulateur du système immunitaire, ce qui représente une arme utile dans le traitement du SIDA. Pour confirmer cette action immunomodulatrice des Chercheurs en Inde ont donné du curcuma à des souris. Après seulement 12 jours, et par rapport à un groupe témoin, le nombre de leucocytes avait augmenté de 50% ! Le nombre d’anticorps en circulation était beaucoup plus important, montrant donc un effet positif sur la moelle osseuse.

Qu’en est-il de l’effet sur le VIH ?
De nombreux travaux, dont plusieurs conduits à Toulouse, ont montré que le curcuma ralentit la progression du VIH, en augmentant, entre autres, les taux des lymphocytes TCD4 et T-CD8 dans le sang.

Par quels phénomènes ?
Le curcuma inhibe, en effet, la synthèse de l’enzyme intégrase, celle qui permet au virus de s’intégrer au code génétique de la cellule hôte. En outre, le curcuma inhibe la production de cytokine par cette même cellule hôte, cytokine qui stimule la formation du VIH dans les lymphocytes. Enfin, comme les sidéens ont un besoin accru d’anti-oxydants, le curcuma répond, en partie, à ce besoin.

Contre les infections bactériennes et les parasites :

Le curcuma inhibe la croissance de nombreuses bactéries, dont l’« Entamoeba histolytica « le « Clostridium perfringens », le « Sarcina », le « Gaffkya », les « Staphylocococcus », les « Streptococcus », les « Bacillus », ainsi que d’autres champignons pathogènes.

Il inhibe également la production de certaines toxines bactériennes, très nuisibles pour l’organisme, telles les « Aflatoxines », très cancérigènes et produites, comme on le sait, par les champignons se développant dans la nourriture mal conservée.

Contre les pollutions environnementales :

Le curcuma semble remplir un rôle non négligeable de protection cellulaire à l’égard de multiples sortes de polluants environnementaux, agressant les cellules.
Une Étude menée en1998, à l’Université de Médecine de Tufts, à Boston, a montré que le curcuma, associé à des iso-flavonoïdes, a un puissant effet inhibiteur de croissance sur les cellules cancéreuses du sein, induit par les pseudo-œstrogènes présents dans l’environnement. Une autre Étude du Collège de Médecine de New-York, sortie en 2001 (Prof. JagKushik) confirme l’effet protecteur du curcuma contre l’activité oestrogénique du DDT.

Par une inhibition de l’action du facteur de transcription inverse (NF Kappa B), il préserve également des effets mutagènes induits par les différents polluants environnementaux, tels que les radiations, les herbicides, les pesticides et les métaux lourds.

Contre le cancer :

Au départ, une simple constatation : en Inde, où on consomme énormément de curcuma, et ainsi que l’avait révélé le regretté neuro-psychiatre, le Dr. David ServanSchreiber, on a environ 10 fois moins de cancers que dans beaucoup d’autres pays. Le curcuma semble être un anticancer de 1er ordre.

Un article paru dans le fameux « Journal of National Cancer Institute », en mai 2008, confirme qu’il bloque la prolifération cellulaire et détruit différentes sortes de cellules cancéreuses (prostate, sein, colon, mélanomes, etc.).

On l’utilise non seulement en prévention, mais également en accompagnement des traitements classiques et pendant les radio et chimiothérapies.

2 Études récentes de l’Université Columbia de New York ont prouvé l’inhibition par le curcuma des cellules cancéreuses de la prostate, interférant avec l’activité des protéines de signalisation, caractéristiques des processus de croissance.

D’excellents résultats ont été obtenus, en outre, sur le si redoutable cancer du pancréas, en 2008, par le Prof. Swammy et ses collaborateurs dans le Dpt. de Médecine de l’Université d’Oklahoma.

Des Chercheurs de l’Université du Texas, dont le Prof. Anderson, du Cancer Center d’Houston, pensent que le potentiel anti-cancéreux du curcuma est corrélé à l’activité de l’ornithine décarboxylase qu’elle inhibe, la surexpression de celle-ci étant impliquée dans le cancer.
En 2010, des Travaux menés à l’Université John Hopkins, de Baltimore, ont montré que le curcuma, associé à de la quercétine, réduisait de près de 75% la croissance de polypes du colon chez des patients souffrant d’un risque héréditaire accru de cancer colorectal.

Citons, enfin, les recherches faites dans ce domaine par le cancérologue réputé, à Aix-en-Provence, le Prof.Jean-Loup Mouysset.

Sous quelle forme et à quelle posologie prendre le curcuma ?

D’une façon générale disons que cela dépend, tout d’abord, du contexte, ainsi que du niveau de risque individuel comme familial. Chez un individu « moyen » la prévention peut s’envisager sous forme simplement alimentaire, à savoir saupoudrer ses plats avec du curcuma vendu, en tant qu’épice en poudre, dans le commerce.

le curcuma

Il faudrait prendre, par exemple, une cuillère à café de curcuma tous les jours. Mais plus pratique est la prise sous la forme de gélules, d’autant qu’il faut du poivre (environ 1% de la dose avalée) pour améliorer l’assimilation du curcuma par l’organisme.

En effet, seulement 5 à 60% (au mieux) est absorbé par la muqueuse intestinale.

Pour améliorer encore son absorption on conseille une association de corps gras (huile de colza, d’olive, de poissons ou des acides gras essentiels).

Pour protéger d’une pollution potentiellement cancérigène (électro-pollution, pesticides, etc…) on recommande des doses de 300 à 600 mg. /jour, soit, en gros, l’équivalent de 1 à 2 cuillères à soupe, auxquelles on ajoutera un peu de poivre noir ; si possible, associer du brocoli et/ou des choux, dont le sulforaphane neutralise certains toxiques carcinogènes. C’est ce que recommande le Dr. Mouysset.

En association d’un traitement (d’un cancer, par exemple), les doses peuvent aller jusqu’à 1.200 mg., soit 4 cuillères à soupe.

Le curcuma à part la poudre et en gélules, peut se trouver sous des formes différentes, soit frais, soit sous forme d’huile essentielle, le rhizome frais ne se trouvant que rarement en Occident.

Différents Laboratoires vendent des gélules de curcuma. Essayer de s’assurer de la traçabilité du produit (pays d’origine, certification « bio ») et surtout garantissant l’absence de solvants (acétone, par exemple), souvent utilisés dans les curcuma « 1er prix ».

Pour la poudre, la conserver au frais, au sec et à l’abri de la lumière, pour préserver ses qualités

Précautions et contre-indications :

  • Prise d’anti-coagulants (risques d’hémorragies) : pas plus de 300 mg., tous les 2 jours seulement.
  • En cas d’ulcères duodénaux et/ou calculs biliaires : même dosage que ci-dessus.
  • En cas de grossesse (principe de précaution).

BIBLIOGRAPHIE :

  1. La Vérité sur les Compléments Alimentaires (Prof. L. Cynober et Dr. J. Fricker)
  2. Le Curcuma : vertus et bienfaits (Véronique Lemaire et Dr. Yves Réquéna).
  3. Le VIDAL des Compléments Alimentaires
  4. Les aliments qui entretiennent votre santé (Dr. Franck Senninger).
  5. Le Grand Livre des Aliments santé (Dr. Laurence Lévy-Dutel).
  6. Les anti-oxydants : Guide pratique (Dr. Danièle Festy).
  7. Alimentation et Cancer (CNERNA-CNRS : Prof. Pierre Louisot).
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À propos de l’auteur

Marcel CAPT

Etudes médicales à la Faculté de Médecine de Genève. Puis, début de pratique médicale en stomatologie et chirurgie buccale, puis j'ai été Chargé d'Enseignement à la Faculté de Médecine de Genève et adjoint au Service des Urgences de l'Hôpital Cantonal Universitaire de Genève. Puis j'ai fait un "post-graduate" à l'Université de New York. Enfin j'ai été nommé "Professeur Consultant" de l'Université de Boston. Depuis l'année 2000, je me suis spécialisé en médecine esthétique. Puis passage, en 2008, à la médecine orthomoléculaire et anti-âge, que je pratique donc actuellement. J'ai dirigé, de 2013, à 2016, le Service de médecine anti-âge de la Clinique LEMANIC à Lausanne, puis dès 2017, le Service de médecine anti-âge de la Clinique Médico-Chirurgicale de Champel, à Genève et je vais, en outre, diriger celui de la Clinique "La Pierre Blanche" à Estavayer-le-Lac, dés début octobre. A part cela, j'ai été Président de la Société Médicale Suisse sur l'information pour la prévention du Sida. Je suis aussi Président de l'Association Médicale Suisse du Laser médico-chirurgical.et Membre de la Société Internationale du Laser médico-chirurgical. Je suis également Membre, inscrit au Registre professionnel, de l'Association des journalistes suisses indépendants (CH MEDIA) et Membre actif et honoraire de l'Union Internationale de la Presse Scientifique.

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