Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge

Laser fractionne vs peelings contre les vergetures

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CHEZ QUI TROUVE-T-ON LES VERGETURES ?

Chez plus de 50 % de la population jeune.  Lors de la puberté, 25 % des filles contre 10 % des garçons y sont confrontées. Les zones d’extension épiphysaires (hanches, fesses, genoux) sont prédominantes.

PREVALENCE

Selon les auteurs, 50 à 70 % des femmes enceintes primipares vont développer des vergetures à partir du sixième mois de grossesse.  Celles-ci sont souvent concentriques en zone péri-ombilicale sur le ventre mais linéaires, fusiformes ou en zigzags sur les seins, les hanches partant du pubis et remontant comme des tiges arborescentes sur l’abdomen. On note une prédisposition génétique des femmes d’Afrique du nord.

PREVALENCE

LES CAUSES MECANIQUES

  • La croissance.
  • Les variations rapides de poids.
  • Le stress mécanique d’étirement dû à la grossesse.

IATROGENIE

  • Les corticoïdes endo ou exogènes   utilisés en application locale avec ou sans occlusion.
  • Les fluorés, notamment, provoquent des vergetures en 3 à 4 semaines.
  • Les corticostéroïdes par voie orale ou stéroïdes anabolisants pris sur six mois ont les mêmes effets.

PUBERTE

Les perturbations hormonales liées à la puberté influent également.

PATHOLOGIE

Maladie de cushing par excès d’hormone de croissance.

FORMATION

La rupture dermique est toujours perpendiculaire aux lignes de tension cutanée maximum.

EVOLUTION

Stade I : inflammatoire avec des vergetures de couleurs rouges, rosées ou violettes datant de 12 et 24 mois.

vergetures de couleurs rouges, rosées ou violettes

Stade II : Les vergetures établies deviennent des cicatrices atrophiques blanches nacrées.

vergetures établies deviennent des cicatrices

PHYSIOPATHOLOGIE

Lors de la phase initiale inflammatoire qui dure de 12 à 24 mois on observe :

  • une surexpression des enzymes protéolytiques,
  • une participation active des mastocytes et des macrophages,
  • la libération de cytokines pro-inflammatoires et de facteurs de croissance.

La « théorie collagène » semble dominante. La vergeture serait essentiellement la conséquence d’une dégénérescence du collagène, des structures micro fibrelaires des fibres élastiques et en particulier de la fibrilline.

HISTOLOGIE

  • Derme aminci et floculaire
  • Diminution très nette du micro fibrilles (fibrilline) sous la jonction dermo épidermique.
  • Perte de fibres élastiques du derme papillaire.
  • Désorientation du réseau élastique parallèle à la jonction dermo épidermique.
  • Une augmentation du taux des glycosaminoglycanes dans la parte vergeturée a été notée.
  • Désorganisation des fibres élastiques du fin réseau superficiel.

POINT ESSENTIEL : DYSFONCTION DU FIBROBLASTE

Ce mécanisme biomécanique et biochimique complexe aboutit à une diminution effective de la production fibrillaire du fibroblaste.

Tout ceci conduit à proposer des thérapeutiques locales. L’objectif étant la stimulation fibroblastique ainsi que la destruction épidermo dermique et cela jusqu’au derme réticulaire. Grâce à cela on obtient   une cicatrisation atténuant l’aspect de fracture dermique avec une amélioration de l’aspect cutané.

DYSFONCTION DU FIBROBLASTE

LES TRAITEMENTS

1 -PREVENTIF

Aucun traitement préventif sérieux n’est vraiment efficace, beaucoup de choses sont tentées avec des résultats souvent imparfaits.

2 -CURATIF

LES COSMÉTIQUES : isotrétinoïne essentiellement

La crème à 0,1% appliquée pendant 3 mois donne de bons résultats avec une amélioration que l’on peut évaluer à 25%. Elle est contre indiquée chez la femme enceinte. C’est une bonne préparation cutanée pour les traitements par lasers et peelings.

La mésothérapie

avec des mélanges comprenant : silicium, acide hyaluronique non réticulé, vitamine C, vitamine E, Panthénol, Centella Asiatica.

La mésothérapie

Aucun travail sérieux reconnu mais des résultats équivalents à l’Isotrétinoïne. L’avantage est la meilleure pénétration des actifs ainsi que la possibilité d’ajouter au mélange de la Lidocaïne. Celle-ci permet une anesthésie suffisante pour une session de Laser ou de Peeling.

LES LEDS

La Photo bio-modulation Led ou Laser dans le rouge proche infra-rouge et jaune en protocoles combinés peuvent apporter de bons résultats.

LES PEELINGS

Le seul peeling permettant l’obtention d’un résultat intéressant est le peeling TCA à 25%, voire à 30% sur les peaux épaisses. Il est remarquable dans le cas des vergetures de la poitrine chez les jeunes femmes, chez qui, parfois, un seul traitement peut suffire. Leurs profondeurs :

  • Les peelings très superficiels et superficiels, AHA, BHA de 30 à 70% « descendent » à moins de 1/10 de mm à 0, O6 mm. Les peelings moyens, TCA de 20 à 35%) à 0,45 mm.
  • Le peeling profond, phénol, à 0,6 mm.

La profondeur de la vergeture : Histologiquement, celle-ci varie entre 0,3 et 1 mm, parfois plus. Elle atteint le derme réticulaire, ce qui correspond au niveau atteint par un TCA.

TECHNIQUE DU TCA

  • Nettoyage de la surface cutanée au savon à l’acide glycolique.
  • Dégraissage à liqueur d’Hoffmann (Éther alcool : 50/50).
  • Application au pinceau, à la compresse ou au double coton tige.
  • Le TCA ne se neutralise pas.
  • Le blanchiment homogène correspond à la destruction du derme papillaire et d’une partie du derme réticulaire.
  • Obtention d’un Frost sur les seins après l’application de 2 à 3 couches mais de 4 à 5 couches sur les autres parties du corps.

Frost sur les seins

Le rebond pigmentaire est malheureusement toujours possible et va apparaître au 21ème jour sur les zones de frottement des vêtements, sous-vêtements ou d’exposition solaire.

Sur le phototypes IV et V le traitement du rebond se fait grâce aux peelings glycoliques +/_ acide pyruvique.

LE LASER C02 FRACTIONNÉ

Ablatif, il est doté d’un scanner balayant une zone prédéterminée. La pièce à main permet de régler la surface de tir et de l’adapter à toutes les régions à traiter.

  • son effet : sur chaque impact il y a une ablation par Vaporisation (120 μm), une coagulation (40 μm) et enfin une stimulation thermique (350 μm).
  • Les réglages : Puissance : 0,5 à 30 W.
  • Spacing : distance entre les points d’ablation de 200μm à 2000 μm.
  • Temps de permanence de 200μs à 2000 μm.
  • Le stack, effet de coup de marteau : plus d’énergie et moins d’érythème sans bouger le scanner sur un même point.

L’ANESTHESIE

L’anesthésie, indispensable à mon sens, s’effectue le long des vergetures avec un traitement mésothérapique. L’application de crème Emla sous occlusion 2 heures avant est recommandée.

Un appareil produisant de l’air froid peut être utilisé simultanément.

LA SÉANCE

Sélectionner au scanner une forme s’adaptant à la surface de la vergeture, les tirs doivent être jointifs mais sans chevauchements.

La séance

LES RESULTATS

Ils s’observent après 2 séances à 3 mois d’intervalle, contrôle 1 an après intéressant.

Les résultats

EN CONCLUSION

Les photos avant/après, sont indispensables ! Pour ceux disposant d’un laser fractionné, les résultats sont corrects mais parfois imparfaits.

En règle générale, il s’agit d’un traitement dont les résultats satisferont les patients ou patientes dans des délais relativement courts, quel que soit le stade lésionnel.

Les peelings utilisés seuls, ne sont toutefois pas à négliger sur les vergetures récentes des seins quand celles-ci ne sont pas trop importantes.

Ma préférence va au Co2 fractionné utilisé en association avec la mésothérapie.

Mésothérapie en ID à 3 mm avec AH non réticulé 3 ml + Lidocaïne 2* adrénalinée en point par point sur toute l’étendue des vergetures puis application du laser comme il donné plus haut. Il est impératif de rester prudent avec les phototypes élevés à cause du risque de rebond pigmentaire.

BIBLIOGRAPHIE

  1. Jimenez GP. Dermato Surg 2003 ; 29 :362 11 – Suh DH. Dermatol Surg. 2007 ; 33(1) : 29 12 – Zelickson BD. Lasers Surg Med. 1999 ; 25 :229 13 – McDaniel DH. Dermatologic Clinics. 2002 ; 20 : 67. 
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  3. Régine Bousquet – Rouaud, Nina Roos bureau du Groupe Laser. 
  4. G. Almeida, E.C. Marques, L. Ameida, R.Queiroz.
    • ASLMS 32 nd annual conference April 18-22, 2012, abstract 290.
    • N=200.
    Anny Cohen-Letessier : Dermatologue vénérologue, diplômée
    de l’hôpital Saint-Louis.
    28, rue de Ponthieu, 75008 Paris France.
  5. Docteur Jean Paul TEDGUI, MD, médecin esthétique, lasériste,
    photothérapeute, Paris.
    • Docteur Philippe BLANCHEMAISON, MD, spécialiste médecine
    vasculaire, Paris.
    • Claude LE GOFF Directeur de recherche en biotechnologie médicale spécialiste de photo bio modulation LED.
6.3
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À propos de l’auteur

Jules Marthan

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