La blanching technique : la technique d’injection et les indications

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Lorsqu’on lit les notices d’utilisation remises par les fabricants de gels d’acide hyaluronique (gels HA), particulièrement pour les gels les moins réticulés et/ou les moins concentrés en HA, élaborés pour le traitement de fines rides et des peaux fines (patte d’oie par exemple), on constate, d’une part, que ceux-ci doivent être placés dans le « derme superficiel ».

Il serait souhaitable de savoir ce que les fabricants, voire leurs consultants, entendent réellement par « derme superficiel ».

D’autre part, communément, les gels d’HA conçus pour la correction des rides moyennes et profondes s’injectent dans le derme moyen à profond. Un seul gel pour les rides moyennes à profondes, de par sa conception et ses propriétés visco-élastiques, est conçu spécifiquement pour une injection dans le derme réticulaire superficiel.

Le derme :

il mesure en moyenne, de 0.3 mm à 3.0 à 4.0 mm, soit 300 μm à 4000 μm, voire plus au niveau du dos. Anatomiquement, le derme peut être séparé en deux zones bien distinctes :

    • le derme papillaire
    • le derme réticulaire.

Le derme papillaire, très mince, sous la couche basale de l’épiderme, possède une structure fibrillaire différente de la partie dite réticulaire.

Les fibres collagènes et élastiques y sont à orientation plutôt perpendiculaire par rapport à la membrane basale de l’épiderme.

Parmi les biopsies en notre possession, l’épaisseur du derme papillaire varie entre 0.05mm et 0.3 mm (ou de 50 μm à 300 μm).

Le derme réticulaire, qui se trouve sous le derme papillaire, peut se diviser en derme réticulaire superficiel, moyen et profond.

Nous n’avons pas trouvé dans la littérature de valeur de l’épaisseur de ces 3 zones. Nous pouvons imaginer qu’elles représentent chacune environ 1/3 de la hauteur du derme réticulaire. Ceci nous donne grossièrement les valeurs suivantes pour l’épaisseur de chacune de ces couches : 0.1 mm à 1.0 mm (ou de 100 μm à 1000 μm.) (Schéma 1)

Dans une étude échographique, il nous a été donné de mesurer l’épaisseur du derme de la région fessière. Chez ces sujets, le derme réticulaire présente une épaisseur moyenne de 1746.6 μm. (1)

Le derme réticulaire superficiel aurait donc, par extrapolation (1/3 de la hauteur totale du derme réticulaire), une épaisseur moyenne pour la population injectée : 570.00 μm, avec des extrêmes calculés à : 516.60 μm à 613.30 μm.

Si l’on ajoute une épaisseur épidermique moyenne de 100 μm, cela nous fait une hauteur moyenne entre la couche cornée superficielle et la jonction 1/3 superficiel et 1/3 moyen du derme réticulaire de 670.00 μm, avec des extrêmes allant de 616.60 μm à 713.30 μm.

Pour parvenir à injecter à cette profondeur, il faut que l’aiguille pénètre dans la peau avec un angle très fermé, très aigu, l’aiguille étant presque tangentielle à la peau. C’est cette technique qui permet de réaliser la « Blanching Technique », tout comme on le faisait jadis avec le collagène bovin américain Zyderm®I (Collagen Corporation-Palo Alto-Californie USA). (2)

le derme papillaire et réticulaire

Schéma 1 : le derme papillaire et réticulaire

MATÉRIEL

Pour réaliser la « Blanching Technique », il ne faut utiliser que des aiguilles 30G ½, soit des aiguilles de 0.3-13.0 mm. Ces aiguilles ont donc un diamètre de 300 μm. Les aiguilles de diamètre supérieur ne permettent pas d’injecter en surface, leurs dimensions étant trop importantes.

Nous savons, par la littérature, que les gels d’HA présentent, s’ils sont injectés trop superficiellement, un risque de créer des cordons, voire d’avoir un effet Tyndall avec visualisation de l’implant d’HA. (3, 4, 5)

Le gel d’HA bénéficiant de la technologie de réticulation dénommée « Réticulation Dynamique », ne présente pas ce risque, de par sa conception polydensifiée elle-même et ses propriétés visco-élastiques spécifiques et particulières. (6, 7, 8)

Pour réaliser les mesures présentées ci-avant et ci-après, nous avons utilisé un appareil General electric logiQ E9® avec sonde Hockey stick L8 18i®, 17 méga-Herz. Afin de parfaire l’image, nous avons placé par-dessus la zone injectée, un interface, SonarAid GeistlichPharma® lot 090566 exp 09 2011.

Les images histologiques ont été réalisées sur des biopsies prélevées, dans la région fessière, au moyen de punchs ronds de 4 mm, sous anesthésie locale avec de la lidocaïne 1%, sans adrénaline.

MÉTHODE-TECHNIQUE D’INJECTION

L’angle de pénétration de l’aiguille 30G1/2 par rapport au plan cutané ne doit pas dépasser 12°. L’aiguille peut être quasi tangentielle, parallèle à la peau. Le biseau de l’aiguille doit se voir par transparence.

Technique d’injection

Photo n°1

Le biseau est orienté vers le haut ou vers le bas, sans réelle importance. Cependant il semble possible, et plus aisé pour les débutants, d’orienter le biseau vers le bas pour les peaux fines et vers le haut pour les peaux plus épaisses.

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À propos de l’auteur

Patrick MICHEELS

Patrick Micheels est médecin généraliste, spécialisé en médecine esthétique depuis plus de 25 ans. Il est consultant et/ou formateur pour les grands fabricants de toxine botulique et de gels d’acide hyaluronique. Il est auteur de très nombreux articles scientifiques publiés tant en français que dans les grandes revues scientifiques anglophones. Il a participé à 2 études cliniques sur les acides hyaluroniques en collaboration avec l’Université de Genève.

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