L’alopécie androgénétique (AAG) est la perte de cheveux non cicatricielle la plus fréquente : elle touche environ 50% des hommes après 40 ans et 75% des femmes de plus de 65 ans. Elle se manifeste par une raréfaction progressive, souvent irrégulière, débutant après la puberté et s’accentuant avec l’âge (1). Sur le plan physiopathologique, l’AAG associe une prédisposition génétique et une hypersensibilité des follicules pileux aux androgènes dans certaines zones du cuir chevelu.
Cette sensibilité entraîne la miniaturisation progressive du follicule : les cheveux deviennent plus fins, plus courts et la densité diminue jusqu’à l’atrophie du bulbe pileux (2). Des facteurs associés – micro inflammation, stress oxydatif, dermites, tabagisme, traction chronique, carences – peuvent aggraver le terrain et accélérer l’évolution.
L’impact psychologique et esthétique est majeur, pouvant altérer la qualité de vie (3). Plusieurs traitements ont été proposés : le minoxidil topique, le finastéride (inhibiteur de la 5-alpha-réductase) chez certains patients, les méthodes mini-invasives comme le PRP et la restauration chirurgicale capillaire (notamment par extraction d’unités folliculaires) dans les AAG sévères (3).
Dans ce contexte, la Low Level Light Therapy (LLLT), méthode non invasive utilisant des LED ou des lasers de faible puissance, s’est imposée comme un complément ou une alternative potentielle (2). Cet article explore ses mécanismes, son efficacité, ses protocoles, ainsi que sa place au sein d’une stratégie globale.
Découverte de la LLLT
Les effets de la lumière sur la repousse ont été mis en évidence par hasard. En 1967, un médecin hongrois, Endre Mester, étudiait l’effet de lasers rubis de faible puissance (694 nm) sur des souris rasées, suspectant un risque carcinogène. Le laser n’a pas induit de cancer, mais a amélioré la repousse du pelage. Une autre observation ayant renforcé l’intérêt pour la lumière dans le domaine pileux est l' »hirsutisme paradoxal » : lors d’épilations laser, si l’énergie délivrée est insuffisante pour détruire le follicule, elle peut, chez certains patients, stimuler la repousse et augmenter densité et épaisseur des poils (4). Ces constats ont contribué à l’essor de la photobiomodulation en dermatologie.
Mécanismes d’action de la LLLT
Stimulation cellulaire
La LLLT utilise des longueurs d’onde dans le rouge et le ...



