La rhinoplastie médicale : une alternative thérapeutique prometteuse

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Résumé

La rhinoplastie médicale est une technique permettant, tout en s’affranchissant de la chirurgie, d’améliorer dans un grand nombre de cas l’esthétique globale de la pyramide nasale. Cette technique connaît un engouement croissant depuis l’arrivée d’acide hyaluroniques fiables et assez réticulés permettant un modelage suffisant. L’usage de la toxine botulique permet de compléter l’action des fillers, notamment lors de la mimique faciale.

Le climatère particulier de cette région nous oblige néanmoins à la plus grande prudence pour éviter les complications potentiellement graves comme la cécité. C’est dans cet optique qu’une revue de la littérature portée essentiellement sur des séries de cas et sur l’expertise de certains auteurs a permis d’en confirmer l’intérêt pour les patients, d’évoquer les rares complications et les moyens de les prévenir.

Mots clés : non surgical rhinoplasty, filler, injection, nose, hyaluronic acid, hydroxyapatite, Botulinum toxin, adverse effects, side effects, complications.

Introduction

Le nez a toujours été considéré comme l’unité esthétique centrale du visage [1].

C’est ainsi que la rhinoplastie fut l’une des premières interventions chirurgicales rapportée dans l’Egypte ancienne et demeure aujourd’hui l’une des interventions esthétiques la plus pratiquée au monde [2]. Les premières injections de produits de comblement ou fillers avaient pour but, dans les années 1980, de corriger essentiellement les défauts après une rhinoplastie chirurgicale évitant ainsi les reprises.

L’amélioration progressive des fillers et l’usage de la toxine botulique permettent aujourd’hui de répondre à cette demande avec un résultat rapide, quasi indolore, sûr, modulable et sans recours à la chirurgie. La rhinoplastie médicale apparaît dès lors pour un nombre croissant de praticiens comme une alternative thérapeutique pertinente pour leurs patients.

Nous nous proposons ici de décrire la rhinoplastie médicale à travers la synthèse des expériences publiées pour en extraire les enseignements et recommandations utiles à sa bonne réalisation et pour en prévenir les complications.

I. Matériel : description de la technique

1) Le climatère

L’analyse morphologique du nez, de face et de profil, distingue 3 zones (Fig. 1) susceptibles d’être améliorés par les fillers et/ou la toxine.

Fig. 1. Anatomie descriptive de la pyramide nasale.

La vascularisation du nez comporte un large réseau anastomotique alimenté par des branches des artères carotides internes (ophtalmique) et externe (faciale) [5]. Cette anatomie doit être parfaitement connue pour orienter les injections de manière sûre (Fig. 2).

L’innervation est assurée majoritairement par la branche ophtalmique (V1) du nerf trijumeau à l’exception des ailes du nez et des narines sous contrôle de la branche maxillaire (V2).

2) L’intervention

Les corrections sont possibles par comblement ou par atténuation de forces musculaires via la toxine botulique. Les trois zones de la pyramide nasale peuvent être injectées en fonctions de l’aspect du nez. Les différents angles devront systématiquement être analysés et éventuellement traités dans l’ordre préférentiel de leur numérotation (Fig. 1). L’angle 1 permet de remonter la pointe du nez, l’angle 2 permet de corriger les nez trop retroussés ou « en trompette », enfin l’angle 3 permet d’atténuer un creux inesthétique et d’ouvrir l’angle naso-frontal.

L’injection de toxine se fera dans le muscle Depressor septi (Fig. 3) 2,5 U Vistabel® de chaque coté pour remonter la pointe du nez.  La même dose dans chaque muscle élévateur pour éviter la rotation du nez lors du sourire et également 2,5 U dans le muscle dilatateur des narines pour rétrécir l’ouverture narinaire. Enfin le Procerus pourra recevoir 5U pour combler l’angle 3. Éventuellement les muscles transverses pourront être injectés avec 2,5 U pour atténuer les « bunny lines ».

Les contre-indications aux fillers et à la toxine botulique seront recherchées et exclues à l’interrogatoire.

Les suites sont simples, toutes au plus marquées par de rares œdèmes ou ecchymoses, facilement maquillables. Il sera recommandé au patient d’éviter le port de lunettes si l’angle 3 a été injecté pour éviter la migration de produits. Un contrôle systématique à 15 jours permettra d’apporter les éventuelles corrections.

La durée du résultat est variable en fonction des fillers utilisés et de l’adjonction ou non de toxine botulique. Elle est au minimum de 6 mois, si bien qu’un suivi semestriel sera proposé.

Fig. 2. Vascularisation de la pyramide nasale. La circulation artérielle en provenance de la carotide externe est matérialisée en rouge, celle en provenance de la carotide interne en gris.

Fig. 3. Muscle de la pyramide nasale [10].

II. Méthode

Les données ont été recueillies sur une sélection d’articles et d’ouvrages. Les moteurs de recherche utilisés sont ceux de Pub Med, ScienceDirect, l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale et Google®.

Une recherche booléenne a été effectuée en utilisant les mots clés suivants (en anglais et en français) : rhinoplasty, filler, injection, nose, non surgical rhinoplasty, hyaluronic acid, hydroxyapatite, medical, botulinum toxin, adverse effects, side effects, complications.

La synthèse de 13 articles publiés, dont 6 au niveau international, présentant des séries rétrospectives de cas [6,7,8,9,10] a été réalisée et complétée par la lecture de trois ouvrages [5,12,13]. Ainsi, nous pouvons estimer de manière globale la satisfaction des patients, les protocoles thérapeutiques utilisés, la durée d’efficacité, les retouches nécessaires, les complications rapportées et leurs issues, la durée des résultats et les recommandations des auteurs.

III. Résultats

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À propos de l’auteur

Redouan SAIDI

Formation universitaire: - DIU Européen des Lasers Médicaux. Faculté de médecine de Paris V - DIU de Médecine Morphologique et Anti-Age. Faculté de médecine de Paris V - DIU de Mésothérapie Antalgique et Esthétique. Faculté de médecine deParis VI - DU de Transfusion Sanguine, Hémovigilance et Responsable de dépôt. Faculté de médecine de Marseille - DU de Vaccinologie-Médecine des Voyages. Faculté de médecine de Bordeaux II - DU de Virologie systématique. Institut Pasteur à Paris - Diplôme de Master 2 en Sciences. Faculté de médecine de Marseille - DES de Biologie Médicale. Faculté de médecine de Marseille - DES de Médecine Générale. Faculté de médecine de Bordeaux II - Diplôme d’Etat de Docteur en Médecine, Faculté de médecine de MarseillePratique la médecine esthétique au Luxembourg et en France à Metz: Acide Hyaluronique, Blépharoplastie non chirurgicale au PlexR, Epilation définitive (laser et electrolyse), Greffe de cheveux en technique FUE, High Intensity Focused Ultrasound (HIFU), Fils tenseurs, Radiofréquence needle, Lasers médicaux (détatouage, couperose, cicatrice d’acné,rejuvénation, tâches pigmentaires), Liposuccion sous anesthésie locale (Body-jet, technique à la seringue, lipolyse laser), Mésothérapie (alopécie, anti-douleurs, cellulite, mésolift, vergetures), Peeling, Plasma Riche en Plaquettes (PRP), Radiofréquence, Rhinoplastie médicale, Toxine botulique.

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