Anesthésie locale : la technique tumescente revisitée

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Les progrès de la chirurgie du tissu adipeux et la vitesse à laquelle ils se sont développés ont été stupéfiants.
Notre expérience de la liposuccion classique remonte à 1973. Kesselring [1] utilisait alors une grande canule mousse, comme celle qu’employaient les gynécologues pour les aspirations. Ces liposuccions étaient effectuées sous anesthésie générale, sans infiltration, à l’aide d’une technique sèche popularisée par Fournier et Otteni [2] qui étaient associées à des hémorragies sévères.

A la même époque, Kawatli [3] reportait avoir provoqué l’intérêt d’Illouz [4] pour cette technique mais c’est à Illouz que revient le mérite d’avoir infiltré les tissus adipeux avec sa technique humide [5] : « Au cours des essais initiaux, écrit-il, la technique « sèche » a été utilisée, mais elle s’est avérée brutale et hémorragique. Pour affiner la procédure, le principe de « dissection par hydrotomie » a été appliqué, comme enseigné par Converse à l’hôpital de Manhattan de New York en 1982… ».

Suit le commentaire d’Illouz, bien conforme au bonhomme : « Lorsque la technique est sèche, le chirurgien est mouillé de sueur, mais quand la technique est humide, le chirurgien reste au sec ». Cette technique utilise une canule mousse et la règle est de n’aspirer que le tissu adipeux profond. Teimourian et Fisher [6] et aussi Hetter [7] ont conseillé l’ajout de 1 : 200.000 d’épinéphrine afin de limiter les saignements.

C’est à Klein [8] et Toledo [9] que l’on doit la technique super humide ou tumescente : il s’agit de l’infiltration de grandes quantités de fluides contenant de la lidocaïne (0,04-0,05%) et de l’épinéphrine (1:500.000 – 1:1.000.000). La technique tumescente provoque une distension des tissus par la solution d’infiltration.
Pour mémoire, il faut rappeler que Klein était un dermatologue qui cherchait comment pratiquer de chirurgie ambulatoire sans l’aide d’un anesthésiste !

Gasperoni et coll. [10] et Gasparotti [11] revendiquent la priorité de la technique de liposuccion superficielle à l’aide de canules fines.

C’est Fournier [12] qui a découvert par hasard la possibilité d’aspiration à l’aide d’une seringue au lieu d’une pompe, qui produisait ainsi une aspiration plus douce presque sans bruit et évitant le risque de pollution atmosphérique (SIDA).

Enfin, Zocchi [131] a propagé sa technique de liposculpture ultrasonique. Nous avons utilisé la technique depuis 1993.

Tableau 1. Diverses formules de techniques tumescentes

La technique tumescente et quelques variantes

Une grande attention a été portée à la technique tumescente ou super humide [14], qui utilise la lidocaïne comme anesthésique. Cela a conduit rapidement à plusieurs variantes, chaque auteur proposant sa propre recette.

Le Tableau 1. indique les concoctions de Klein, Toledo, Pitman [15] et Zocchi [13] entre autres.
Il semble utile de discuter des avantages et des inconvénients de ces variantes :

  • Des problèmes posés par les liquides, qu’il s’agisse de solution iso ou hypotonique de NaCl ou de Ringer-lactate
  • De problèmes causés par des doses élevées de lidocaïne, d’épinéphrine ou de bicarbonate
  • Et enfin de la controverse sur la température des liquides à infiltrer.

Ces différents aspects seront maintenant discutés.

Les différentes solutions

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