Obtenir des résultats esthétiques sur les télangiectasies par micro sclérose

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INTRODUCTION

La présence de télangiectasies, communément appelées varicosités, au niveau des membres inférieurs est une disgrâce esthétique très fréquente avant d’être un signe d’une maladie veineuse chronique débutante. Il convient toujours avant de proposer une stratégie thérapeutique de connaitre l’étiologie de cette pathologie généralement bénigne et de réaliser une cartographie précise des lésions en tenant compte de l’anatomie veineuse superficielle. Les télangiectasies sont certes inesthétiques, mais elles ne sont jamais isolées.

Elles se drainent systématiquement dans des veines réticulaires, pathologiques (tortueuses) ou non (rectilignes). Les veines réticulaires sont elles-mêmes en relation directes ou indirectes avec le réseau veineux superficiel sous-cutané (veines saphènes, veines non-saphènes), puis le réseau veineux profond intramusculaire. La demande des patients étant essentiellement esthétique il est indispensable de maitriser parfaitement les techniques thérapeutiques (micro-sclérose, laser) avant d’entreprendre un traitement.

En effet il est malheureusement très fréquent que les résultats d’une micro-sclérothérapie ou d’un traitement laser, mal maitrisés aboutissent à des résultats désastreux. L’échec est évitable à condition de bien connaitre les techniques, leurs contre-indications et ne pas traiter « à l ’aveugle » en espérant que le résultat satisfasse la patient…

Les médecins morpho-esthéticiens sont parfaitement aptes à traiter efficacement des télangiectasies. Néanmoins des bases physiopathologiques, anatomiques et techniques sont nécessaires avant de débuter la thérapeutique par micro-sclérothérapie et/ou par laser Nd : Yag ou KTP. Une formation théorique et pratique préalable est donc indispensable.

PRÉ REQUIS :

a. Bilan de la maladie veineuse chronique (MVC).

Il est nécessaire d’être un peu phlébologue avant d’entreprendre le traitement. L’interrogatoire recherche en particulier les antécédents personnels et familiaux du patient, la MVC étant une maladie génétique multi génique. Les antécédents thromboemboliques veineux sont également étudiés. En effet certaines télangiectasies de la cheville et du pied sont secondaires à une thrombose veineuse profonde (TVP) connue ou non (photo 1).

Les symptômes veineux, douleur, jambes lourdes, paresthésies, crampes, sensation d’œdème et prurit, sont inconstants. Leur présence n’est pas toujours corrélée avec la sévérité de la MVC.

Télangiectasies du pied

Photo 1 : télangiectasies du pied (corona phlebectatica) en relation avec une Insuffisance veineuse chronique sévère

b. Diagnostic para-clinique.

Sa réalisation est essentielle avant de débuter le traitement. Certaines varices, en particulier les veines saphènes ayant un trajet intrafascial, sont difficilement détectables cliniquement. L’examen écho doppler préalable recherche les différents points de fuite veineux entre le réseau veineux superficiel et le réseau veineux profond.

Une cartographie détaillée doit être réalisée et fournie au praticien esthétique par le médecin vasculaire. Le traitement préalable des points de fuite, lorsqu’ils « alimentent » les tributaires (collatérales) responsables des télangiectasies, permet d’améliorer l’efficacité du traitement (Photo 2 et 3). L’apport de la transillumination (photo 4) a considérablement facilité le diagnostic et la prise en charge des télangiectasies (1,2).

 

Plaque de télangiectasies située à la face gonale médiale.

Photo 2 : plaque de télangiectasies située à la face gonale médiale.

Traitement d’une tributaire de la veine grande

Photo 3 : traitement d’une tributaire de la veine grande saphène par injection échoguidée de micro mousse sclérosante. La plaque de télangiectasies disparait car elle était en relation avec cette varice sous cutanée. Le traitement direct des télangiectasies ne permettrait pas de les traiter.

Transillumination d’une plaque de télangiectasies.

Photo 4 : Transillumination d’une plaque de télangiectasies. Traitement d’une veine réticulaire en amont de la plaque.

c. Télangiectasies rouges ou bleues ?

Il est communément admis que les varicosités sont rouges ou pourpres et les veines réticulaires plutôt bleues. Cette différence de couleur est simplement liée à la réfraction de la lumière au niveau de la peau. En effet à l’interface entre 2 milieux différents, le rayon lumineux change d’orientation.

Les indices de réfraction sont différents pour les télangiectasies fines, situées dans le derme superficiel et les veines réticulaires plus profondes. D’autre part les télangiectasies sont dépourvues de média musculaire, à la différence des veines réticulaires. Cela modifie également leur indice de réfraction.

MATÉRIEL ET MÉTHODE :

Nous nous limiterons dans ce chapitre au traitement par microsclérothérapie.

a. Matériel

Le praticien dispose en France de 2 produits sclérosants, a Glycérine Chromée Sclérémo®, et le Polidocanol Aétoxisclérol®.
Le Sclérémo® est un sclérosant faible adapté au traitement des télangiectasies. Son pouvoir irritant est toutefois limité. Il est d’autre part douloureux à l’injection du fait de sa viscosité. Il n’existe qu’une seule concentration de Sclérémo®. Nous recommandons de diluer au 1/3 ou aux 2/3 le produit par adjonction de sérum physiologique. Certains praticiens ajoutent un peu de Xylocaïne au Sclérémo afin de diminuer la douleur à l’injection. Nous ne recommandons absolument pas cette pratique qui risque, en cas d’extravasa, de diminuer la douleur vive du patient, nécessitant l’interruption immédiate de l’injection. Cependant le risque d’escarre lors d’un extravasa après injection de Sclérémo est relativement faible si le volume injecté est très réduit. Nous réservons ce produit au traitement des télangiectasies les plus fines en particulier à la face médiale des genoux ou au niveau des chevilles. Le Sclérémo®, qui n’est pas un savon, ne permet pas de réaliser une mousse sclérosante.
L’Aétoxisclérol® est un sclérosant puissant. Il existe en plusieurs concentrations. Seules les concentrations à 0,5 et 0,25% sont adaptées au traitement des télangiectasies. Pour notre part nous utilisons généralement, sous forme liquide ou mousse, l’Aétoxisclérol® 0,5% dilué aux 2 /3 avec du sérum physiologique, soit une concentration de 0,17%. Il nous semble que la concentration 0,25% proposée par le laboratoire dans cette indication est trop forte. L’Aétoxisclérol® est très polyvalent, il permet de traiter à la fois des varices de calibre important (>10mm) et des télangiectasies. Naturellement la concentration d’Aétoxisclérol® est différente suivant les indications.

Seringues, aiguilles et transillumination.

  • Seringues : A usage unique, 2 corps (mousse) ou 3 corps (injection de liquide) BD Diskardit® ou Terumo®, 2 à 10cc.
  • Aiguilles 30g, cône luer, spéciales phlébologie (jaunes).
  • Transillumination (photo 4) : plusieurs appareils sont disponibles sur le marché, par exemple Veinlite®. Les dispositifs en forme de fer à cheval sont très intéressants car ils permettent de maintenir la veine réticulaire et ainsi de la cathétériser aisément dans son axe. La lumière est apportée par une fibre optique ou sous forme de LED (orange ou rouge selon la profondeur du vaisseau à traiter). La transillumination est désormais incontournable pour traiter les veines superficielles. Cette technique est surtout utile pour agir sur les veines réticulaires situées dans le derme moyen à superficiel. Les télangiectasies très superficielles sont plus facilement repérables directement, éventuellement en s’aidant d’une simple loupe.

b. Méthode

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À propos de l’auteur

Jean Pierre Gobin

DIPLOME DE LA FACULTE DE MEDECINE DE LYON QUALIFICATION EN MEDECINE VASCULAIRE DIU DE MEDECINE MORPHOLOGIQUE ANTI AGE ANCIEN PRESIDENT DE LA SOCIETE FRANCAISE DE PHLEBOLOGIE CHARGE D'ENSEIGNEMENT A LA FACULTE DE MEDECINE PARIS VI

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