Chirurgie et médecine esthétiques de la verge

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La demande d’augmentation de la taille du pénis à visée esthétique a considérablement augmenté ces dix dernières années. La raison probable de cette demande accrue, est l’explosion de l’exposition des organes génitaux dans les photos ou les films pornographiques sur le net, dans la presse et lors d’activité comme les hammams et spas (en croissance dans les pays occidentaux).
Le phallocentrisme est le concept selon lequel le pénis est au centre de l’identité masculine. Contrairement à l’époque de l’antiquité grecque où les petits phallus étaient valorisés, le sexe masculin est considéré, à présent, comme la représentation de la virilité, de la force et de la jeunesse.

Marc Abecassis (1), qui a la plus grande expérience d’élargissement de verge, en Europe, a déclaré : “ Un centimètre de plus dans le pénis équivaut à un kilomètre dans la tête d’un homme”.

Que peut on attendre de la chirurgie?

Il s’agit d’une chirurgie permettant une remise en confiance de l’homme notamment à l’état flaccide (au repos) [2-3]. Certains hommes ont pu perdre confiance dans leur virilité notamment lors de la comparaison de leur sexe par rapport aux autres, lors du service militaire ou dans les vestiaires chez les sportifs…

Cette chirurgie ne permet pas d’améliorer les capacités sexuelles ou d’améliorer le plaisir de la partenaire. Si le patient consulte pour cette demande, il faut lui expliquer que le plaisir féminin est essentiellement clitoridien et que le probable “point G” se trouve à 4cm de l’antre vaginale sur la face antérieure du vagin. L’orgasme féminin ne dépend absolument pas de la taille du pénis. Il faut savoir rassurer et orienter ces patients vers un urologue et un sexologue. Certaines études ont montré d’ailleurs qu’une verge de 5cm était capable d’assurer ses fonctions physiologiques et reproductive [3]. La demande d’allongement ou d’élargissement doit venir du patient et non de sa partenaire.

Il faut également pouvoir citer les chiffres moyens de la taille de la verge pour rassurer et situer le patient. En effet, les chiffres avancés par la presse ou par le milieu de la pornographie sont erronés. En moyenne, la longueur de la verge à l’état flaccide est de 9 cm, et de 14cm en érection; en circonférence (il s’agit du périmètre et non du diamètre), la taille de la verge est de 9cm à l’état flaccide et 12 cm en érection. Ces mesures sont issues des publications américaines et européennes [2-3-4]. Contrairement à une rumeur populaire, il a été démontré scientifiquement que la taille des chaussures n’était pas corrélée à la taille du pénis [2].

On parle de micropénis, lorsque la verge mesure moins de 8cm en érection [2-3].
Il a été démontré également que l’extensibilité du pénis décroit avec l’âge [2-3-5].

Indications

L’indication majeure en esthétique est le “complexe du vestiaire”, c’est à dire une amélioration cosmétique de la verge au repos [2-3-4]. La chirurgie ou la médecine esthétique ne sont pas indiquées dans une demande concernant l’érection ou la performance sexuelle. Même s’il a été démontré que le sentiment de confiance concernant la taille de la verge pouvait améliorer la capacité d’érection par des processus psychologiques [2-3].

Cette chirurgie peut également améliorer “les verges enfouies” [5] sur le plan esthétique et fonctionnel. Elle concerne principalement les séquelles d’amaigrissement pourvoyeuses de ptôse du pubis [5] et les patients neurologiques parfois difficiles à sonder.

La consultation

La consultation, au minimum de 2, doit cerner l’attente précise du patient. Quatre mesures sont indispensables, de même que les photos. Les mesures se font pour la longueur, sur la face dorsale de la verge, de la base se situant au niveau de la jonction pubo-pénienne jusqu’au méat urinaire, à l’état flaccide, en semi érection ou “Stretching” (il faut tirer 3 fois sur la verge) et en érection (demander au patient de faire la mesure chez lui en érection complète). La circonférence se mesure à l’aide d’un mètre souple à la partie moyenne de la verge.

Il faut également rechercher des malformations génitales et l’existence de plaque pouvant entrainer une courbure (Maladie de Lapeyronie). Le contrat doit être clair sur les attentes possibles et sur l’engagement du patient à respecter les consignes post-opératoires.

Procédure chirurgicale

Elargissement de la verge

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À propos de l’auteur

Barbara Hersant

Dr Barbara Hersant, chirurgien plasticien, praticien hospitalo-universitaire à l'hôpital Henri Mondor (APHP). Mon temps est dédié à la chirurgie, la recherche et l'enseignement. Je suis spécialisée en chirurgie reconstructrice des seins et des organes génitaux et en chirurgie esthétique de la silhouette. Je me consacre également à la recherche clinique pour évaluer les nouvelles techniques dans le domaine de l'induction tissulaire et à la recherche fondamentale dans le domaine des cellules souches mésenchymateuses du tissu adipeux et du plasma riche en plaquettes. Je suis responsable pédagogique sous la direction du Pr Meningaud des diplômes universitaires (DU) de la médecine et chirurgie esthétique et reconstructice des organes génitaux (DUMEG) et du DU des agents physiques appliqués à la médecine esthétique (DUAPME).

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