Cicatrices pathologiques et mésothérapie

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Avant d’être un enjeu de traitement en médecine esthétique par différentes technologies, passant par des  plateaux techniques parfois sophistiqués, les cicatrices ont été depuis longtemps la cible de la mésothérapie, en raison de leurs répercussions non seulement esthétiques mais aussi algo fonctionnelles.

Le Dr PISTOR lui-même avait souligné l’importance de la correction de ces imperfections dermiques dans la prise en charge des affections musculo-squelettiques.

LES CICATRICES : HISTOIRE NATURELLE ET PATHOLOGIE

La cicatrice est le produit de la réparation tissulaire après une lésion cutanée qui atteint le derme papillaire, de quelque nature qu’elle soit, congénitale, traumatique ou chirurgicale. Le degré des séquelles sera variable selon que l’on aura affaire à une cicatrice de première intention (plaie franche sans perte de substance) ou une cicatrice de seconde intention (plaie avec perte de substance).

a. Physiopathologie de la cicatrisation

La cicatrisation est une suite de phénomènes complexes auxquels participent les cellules du tissu conjonctif du derme, des cellules sanguines, immunitaires, des enzymes tissulaires, des protéines plasmatiques et de nombreux médiateurs chimiques.

L’histoire naturelle d’une plaie passe par plusieurs phases :

– Immédiatement, à la suite de l’hémorragie, succède la formation  d’un  caillot  sanguin  formé  d’un  réseau  de fibrine, sur lequel s’ébauche le tissu de réparation, « la croûte », qui se voit colonisé par des polynucléaires, des macrophages puis des fibroblastes.

– Se met en place alors une phase de nettoyage, d’une durée de 48 h. La destruction tissulaire libère des substances vasoactives et des enzymes qui entraînent une augmentation de la perméabilité vasculaire, une exsudation plasmatique avec migration de polynucléaires. Cette phase est une phase de fluidification tissulaire.

– Succède une phase préparatrice qui voit la mise en place d’une prolifération réticulo-histiocytaire, d’une progression de néo-capillaires, et l’apparition de fibroblastes qui vont assurer la formation du véritable tissu de réparation. Cette phase se prolonge jusqu’au 5° jour et même au-delà en fonction de l’étendue des lésions.

– Puis vient la phase productive qui voit la constitution d’un tissu de granulation qui permet la production d’un tissu conjonctif dense et régulier. La qualité du tissu conjonctif détermine la solidité de la cicatrice. L’épidermisation finale se fait à partir des lèvres de la plaie, comme à partir d’ilots cellulaires résiduels, par une activité mitotique intense des cellules germinatives. La dernière phase est la reconstitution de la jonction dermo-épidermique.

– Puis suit une phase de maturation et de modelage de la cicatrice. La phase fibreuse continue d’évoluer lentement, avec l’action des collagénases qui permettent d’empêcher l’évolution vers la fibrose. Le collagène embryonnaire de type 3, formé initialement est remplacé progressivement par du collagène de type 1. Mais le tissu cicatriciel reste peu élastique, car il est dépourvu de fibres d’élastine. La réparation complète du revêtement cutané est donc difficile à obtenir et la cicatrisation finale n’est pas une restitution ad integrum.

b. Cicatrice normale

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À propos de l’auteur

Henry-Philippe TAFFIN

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