Hormones et anti-âge

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Nos glandes endocrines jouent un rôle essentiel dans notre organisme. Chacune d’entre elles secrète des hormones spécifiques qui stimulent des organes précis et conditionnent leur bon fonctionnement. Les réactions en chaîne produites par les hormones contribuent à l’équilibre global de notre corps.

Voici un rapide survol des principales hormones utilisées en médecine anti-âge.

Les hormones baissent avec l’âge

La baisse naturelle ou la déficience de production hormonale entraîne des dysfonctionnements qui altèrent notre vitalité. Si la vulgarisation du rôle déterminant des hormones est une bonne chose, leur prise inconsidérée ou systématique est une erreur. Dans ce domaine, il faut faire preuve de prudence et de discernement. Tout le monde vieillit, certes, mais pas de la même façon ni au même rythme. Il n’existe pas de traitement standard.

C’est pourquoi toute substitution ou compensation hormonale doit être effectuée sur prescription et sous surveillance médicales après contrôle biologique.

La DHEA

La DHEA ou déhydroépiandrostérone est produite à partir du cholestérol par les glandes surrénales. Précurseur des androgènes (hormones masculines) et des œstrogènes (hormones féminines), elle joue un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre hormonal et de la vitalité juvénile. Mais vers dès la trentaine, la DHEA commence son déclin progressif, ce qui contribue au processus de vieillissement. A 70 ans, les taux chutent parfois de 80% et plus par rapport à ce qu’ils étaient au début de l’âge adulte.

Or, il s’agit d’une hormone très intéressante dans les pathologies liées à l’âge. Aussi appelée hormone de jouvence, elle contribuerait au maintien de la santé cardiovasculaire, osseuse, neuronale et cutanée, dans une mesure plus ou moins grande en fonction des personnes.

Diminue le risque cardio-vasculaire

Avec l’âge, le déclin de la DHEA favorise l’apparition de maladies cardio-vasculaires, en particulier chez les femmes ménopausées. Du côté des hommes, il semblerait qu’il y ait plutôt un risque de diabète et de maladies coronariennes. Souvent, avec la supplémentation en DHEA, la santé cardio-vasculaire s’améliore. En effet, de nombreuses études ont montré que la DHEA diminue les taux de cholestérol, augmente les niveaux de testostérone et le débit sanguin. Dilatés, les vaisseaux transportent plus facilement les nutriments nécessaires aux muscles vers les différents organes tout en évacuant mieux les déchets et les métabolites.

De plus, elle inhibe les processus inflammatoires dans les couches cellulaires internes des réseaux sanguins. Une étude menée sur des femmes obèses montre que la prise de DHEA entraîne une diminution des graisses saturées dans le sang. En outre, la DHEA permet d’augmenter la sensibilité à l’insuline et de lutter contre la résistance à l’insuline qui est un indicateur précoce de diabète de type II ou de syndrome métabolique. La résistance à l’insuline et le diabète sont les deux principaux facteurs de risque pour les maladies cardio-vasculaires.

Enfin, c’est une hormone qui favorise le remodelage des tissus vasculaires après une lésion et qui est donc tout à fait indiquée à la suite d’une chirurgie cardio-vasculaire.

Améliore la densité osseuse

L’ostéoporose (fragilité des os) affecte aujourd’hui des millions d’individus. Plus fréquente chez la femme que chez l’homme, ce trouble médical est notamment intensifié par la diminution des œstrogènes lors de la ménopause, simultanée avec le déclin de la production de DHEA.

La densité minérale osseuse est en grande partie régulée par 2 types de cellules : les ostéoblastes (qui construisent les os) et les ostéoclastes (qui décomposent ou résorbent). Or, la DHEA favorise l’activité des ostéoblastes et inhibe la dégradation de l’os produite par les ostéoclastes.

Voilà pourquoi elle peut être indiquée pour stimuler la croissance du tissu osseux. De nombreuses études prouvent aujourd’hui que les femmes qui suivent un traitement à base de DHEA montrent une augmentation de la densité minérale osseuse de la colonne vertébrale lombaire.

Améliore les capacités cognitives et l’humeur

Avec l’âge, les capacités cognitives et la mémoire ont tendance à s’altérer à cause de la réduction des niveaux de neurostéroïdes cérébraux. C’est par exemple le cas dans la maladie d’Alzheimer et pour certaines démences dans lesquelles on trouve généralement des niveaux de neurostéroïdes relativement bas.

Or, on trouve également de la DHEA dans le cerveau, à des taux parfois 6 à 8 fois plus élevés que dans le sang. Au niveau neuronal, elle modulerait la libération de certains neurotransmetteurs. Mais avec son déclin, cela pourrait entraîner une diminution des capacités cognitives et une altération des fonctions cérébrales.

Selon plusieurs études, il apparaît que le DHEA est capable de préserver certains facteurs neuroprotecteurs. « Des données suggèrent que la DHEA-S est capable d’augmenter la production de facteurs de croissance neuroprotecteurs suggérant une nouvelle approche dans le traitement de la démence » (Dr C.Luppi et all, 2009). Par ailleurs, la DHEA peut exercer une action neuroprotectrice en contrant les effets néfastes des glucocorticoïdes, impliqués dans l’anxiété et la dépression.

Améliore la qualité de la peau

Le déclin de la DHEA entraîne généralement l’accélération du vieillissement cutané. D’ailleurs, il est désormais prouvé qu’en agissant comme antioxydant et anti-inflammatoire, elle stimule la biosynthèse du collagène et améliore la structure du derme. La peau peut ainsi retrouver souplesse, douceur et hydratation.

D’autres effets sont à noter comme l’influence de la DHEA sur le système immunitaire. Elle permettrait de contrer les effets délétères de l’hormone du stress (cortisol) ce qui limiterait les risques d’infection. Enfin, il semblerait que la DHEA soit transformée en partie en testostérone aussi chez la femme, et qu’elle soit responsable de la stimulation de la libido.

La progestérone

La progestérone remplit de multiples fonctions dans le corps des hommes et des femmes. Elle a, par exemple, une grande importance dans la régulation des cycles du sommeil et renforce l’immunité ainsi que les fonctions cérébrales. Chez la femme, la progestérone est une hormone essentielle, impliquée dans le processus de reproduction. Au cours de leur vie, nombreuses seront celles qui connaîtront des fluctuations de cette hormone ce qui entraînera bien souvent des symptômes classiquement associés au vieillissement, tels qu’un manque de sommeil ou des sautes d’humeur.

La progestérone sert également d’hormone précurseur et peut aussi se convertir en œstrogène, testostérone, aldostérone ou cortisol. De faibles niveaux de progestérone peuvent entraîner une augmentation des niveaux de cortisol et des hormones sexuelles, ce qui conduira à une altération de la fonction immunitaire et une foule d’autres problèmes associés au déséquilibre hormonal.

Un anti-œstrogène

La progestérone est mieux connue comme l’hormone qui bloque les effets néfastes de l’œstrogène. Voilà pourquoi elle aide à prévenir les crampes menstruelles, la sensibilité des seins et le syndrome prémenstruel chez les femmes qui ont leurs règles.

En outre, elle permet de traiter d’autres problèmes liés aux œstrogènes comme l’asthme, les migraines et les nausées matinales.

Dans une perspective anti-âge, elle contribue à la prévention des cancers œstrogènes dépendants, notamment ceux du sein, de l’utérus, des ovaires, du col de l’utérus, du côlon et de la prostate. Les femmes ayant de faibles niveaux de progestérone peuvent facilement développer des fibromes, de l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques.

Bloque les effets de l’insuline

Le deuxième intérêt de la progestérone, c’est son effet sur l’insuline. L’insuline est une hormone impliquée dans l’obésité et le diabète de type II. Elle augmente la pression artérielle et favorise la masse graisseuse autour de la ceinture abdominale. Or, la progestérone freine les effets de l’insuline, favorisant à la fois perte de poids et longévité.

D’une part, elle bloque certains sites récepteurs ce qui équilibre la glycémie et évite ainsi des chutes trop importantes (hypoglycémie). D’autre part, elle atténue les effets de la glycation responsable du vieillissement des tissus et de leur perte de souplesse.

Empêche la surproduction d’adrénaline

Enfin, la progestérone bloque l’action de l’adrénaline et empêche également sa surproduction. L’adrénaline déclenche une cascade de réactions physiologiques de la part de l’organisme (accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression artérielle) qui classiquement le prépare à une réponse de lutte ou de fuite. En état de stress, le corps va ainsi maintenir un état de vigilance accrue, ce qui peut créer de l’insomnie, une fatigue excessive ou une hyperactivité. Sur le long terme, cela peut conduire à des symptômes de dépression, de l’anxiété, à la fibromyalgie, au syndrome du côlon irritable ainsi qu’à bien d’autres problèmes.

En outre, l’adrénaline est probablement la première impliquée dans la prise de poids. En aidant à contrôler l’adrénaline et le stress, la progestérone renforce également le système immunitaire.

L’hormone de croissance ou GH

 L’hormone GH est cruciale pour le développement et le maintien des organes et des tissus. Elle favorise leur croissance augmente la masse musculaire et renforce la densité osseuse tout au long de la vie. Avec l’âge, elle a tendance à diminuer.

La GH est une petite protéine produite par la glande pituitaire (hypophyse) et sécrétée dans le sang. Sa production est contrôlée par un ensemble complexe d’hormones produites dans l’hypothalamus, le tractus intestinal et le pancréas. Elle est très présente durant toute la période de l’enfance et atteint son maximum pendant la puberté en stimulant la croissance des os et du cartilage. Chez les personnes adultes, la GH stimule la production de protéines, favorise l’utilisation des graisses, interfère avec l’action de l’insuline et accroît les niveaux de sucre dans le sang. Par ailleurs, son niveau augmente après l’exercice et le sommeil. Néanmoins, ses taux varient tout au long de la journée ce qui la rend difficilement quantifiable lors d’une analyse de sang.

L’injection de GH est le plus souvent envisagée pour aider les enfants présentant un retard de croissance ou les jeunes souffrant de déficiences hormonales. Il peut arriver que cela touche l’adulte, mais dans ce cas-là, il s’agira d’une affection peu commune qui se développe presque toujours en même temps que de graves problèmes affectant l’hypothalamus, l’hypophyse ou les deux. Suite aux injections de GH, on constate une augmentation de la masse musculaire, une capacité d’exercice et d’énergie améliorée et un risque réduit de maladies cardiaques.

Actuellement elle très utilisée dans le milieu sportif (souvent illégalement) car elle favorise la prise de masse musculaire. Mais les effets secondaires sont très lourds : rétention d’eau, douleurs articulaires et musculaires, syndrome du canal carpien (une pression sur le nerf du poignet provoquant des douleurs à la main et un engourdissement), ainsi qu’une glycémie élevée. C’est la raison pour laquelle il ne s’agit pas d’une solution envisagée par la médecine anti-âge, d’autant que les études sur la GH sont trop récentes et ne disposent pas du recul nécessaire. Son utilisation dans ce cadre est d’ailleurs interdite en France.

La testostérone

La testostérone appartient au groupe des hormones dites androgènes. elle est produite par les testicules et les glandes surrénales. Bien que classiquement associée aux hommes, elle remplit également d’importantes fonctions chez les femmes. À l’adolescence, elle atteint un pic et permet d’approfondir la voix, de stimuler la croissance des poils sur le visage et le corps, d’augmenter la libido et est responsable de la production de sperme chez l’homme.

La baisse de la testostérone peut commencer tôt ou ne jamais advenir… Les hommes sont physiologiquement inégaux, certainement à cause de prédispositions génétiques ou de leur mode de vie. Les facteurs environnementaux peuvent contribuer à cette baisse : inactivité sexuelle et sportive, surpoids, tabagisme, drogues, alcool. Généralement, son déclin commence à partir de 40 ans. Mais contrairement à la chute abrupte des hormones que subissent les femmes à la ménopause, elle est progressive chez les hommes, avec une moyenne légèrement supérieure à 1% par an.

Cette baisse est imperceptible au début, mais à 70 ans, la production moyenne de testostérone chez l’homme est de 30% inférieure, voire plus. Cela se traduit par une fonte musculaire, un aspect terne de la peau, un manque d’entrain, une prise de poids notamment autour de la ceinture abdominale et de la somnolence.

En médecine anti-âge, la testostérone peut être utilisée pour booster l’énergie et la mémoire, accroître la masse et la force musculaires et améliorer l’endurance et la performance sexuelle lorsque elle est fortement abaissée. Les femmes aussi peuvent dans certains cas, en bénéficier avec un rôle important dans l’humeur, l’énergie, le poids et la libido.

Les œstrogènes

Les œstrogènes rassemblent les hormones estradiol, estrone et estriol qui ont chacun une structure et une fonction chimique différentes. Tout comme la testostérone, les œstrogènes jouent un rôle dans la physiologie des hommes et des femmes mais sont tout de même plus impliqués dans le processus de vieillissement chez les femmes.

Produits par les ovaires, les œstrogènes stimulent le développement des caractéristiques sexuelles féminines et la procréation. Pendant l’adolescence, ils forment les seins et favorisent la croissance de la muqueuse utérine pendant la phase folliculaire du cycle menstruel. C’est également eux qui lissent la peau et l’hydratent, rendent les cheveux brillants, éclaircissent le teint et humidifient les muqueuses. Par ailleurs, ils agissent sur l’humeur, l’enthousiasme et boostent la libido.

Vers la cinquantaine, les œstrogènes commencent à chuter entraînant avec eux une déshydratation de la peau, un relâchement cutané et musculaire, une fatigue chronique, une perte de la tonicité des seins, une certaine irritabilité et une perte du désir sexuel. « Les femmes sont toujours inquiètes au sujet des œstrogènes, car c’est une hormone importante – pas seulement pour la production des ovules mais aussi pour la santé et le bien-être en général. Un bon taux d’œstrogènes peut vous donner un coup de fouet énergique et vivifiant, vous aider à garder de beaux cheveux, une peau souple et vous permettre de vous sentir mieux » explique le Dr Sohère Roked, médecin spécialiste des hormones bio-identiques.

La supplémentation en œstrogènes permet d’atténuer ces effets dus au vieillissement, mais elle peut protéger également contre un certain nombre de maladies comme le cancer du côlon et les maladies cardiaques puisqu’une « diminution des œstrogènes accroît le risque de maladies cardiaques, le taux de cholestérol augmentant jusqu’ à 25 % ». Ce sont également des hormones qui renforcent les os et limitent le risque d’ostéoporose.

La mélatonine

La mélatonine est une hormone fabriquée par une petite structure qui se tient au centre du cerveau : la glande pinéale. Elle est d’abord connue pour aider à mieux dormir, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom « d’hormone du sommeil ». Aujourd’hui, de nombreuses recherches scientifiques se concentrent sur la mélatonine, car elle pourrait nous prémunir contre de nombreuses maladies et le déclin lié à l’âge. Outre l’équilibre des rythmes circadiens, c’est également un puissant antioxydant, un anti-inflammatoire et un hypotensif qui améliore la communication cellulaire, permet de lutter contre le cancer et protège les tissus contre toute une série d’agressions extérieures. Par ailleurs, il a été démontré qu’elle soutient l’équilibre hormonal, la santé reproductive, la cognition, l’humeur, la régulation de la glycémie et le métabolisme osseux tout en abaissant la pression artérielle.

Combat les radicaux libres pendant le sommeil

Les radicaux libres sont responsables de la destruction de cellules et du vieillissement des tissus. Or, de nombreuses études montrent que la mélatonine réduit les dommages causés par l’oxydation. En tant que puissante antioxydante, elle joue donc un rôle très important dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires ainsi que le cancer. Par exemple, chez la femme ménopausée, la mélatonine diminuera les taux de cholestérol alors que chez l’homme, le stress oxydatif sera plus faible.

Régulateur immunitaire

Par ailleurs, de nombreuses recherches suggèrent que la mélatonine a des propriétés anti-cancérigènes. Ceci serait en partie dû à son action antioxydante, anti-inflammatoires et anti-prolifératives. Par ailleurs, elle stimule le système immunitaire en améliorant sa réponse face aux agressions extérieures.

Protège contre le diabète

Enfin, il a été démontré que les personnes atteintes du diabète de type II subissent une altération de la sécrétion de mélatonine. Comme il s’agit d’un antioxydant puissant, la mélatonine est tout à fait appropriée pour les personnes atteintes de ce genre de maladies ou présentant une glycémie élevée.

L’avis de l’AFME

hormone_croissanceL’examen rigoureux de « l’état hormonal » de chacun relève d’une analyse et d’une appréciation individualisées pour identifier ses besoins particuliers et y apporter une réponse personnalisée.

Ces traitement, lorsqu’ils s’avèrent utiles, doivent être prescrits et suivis par un médecin compétent et expérimenté en la matière.

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À propos de l’auteur

6 commentaires

  1. bonjour, j’utilise des plantes phyto oestrogéniques en alternance et ça marche assez bien sur les grosses bouffées de chaleur, ayant un terrain héréditaire chargé en cancer et souhaitant éviter des effets secondaires car je suis fumeuse
    Merci de votre avis
    Bien cordialement

    • Jean-Luc MOREL
      Jean-Luc MOREL le

      les plantes ont plutot une action sensibilisante et non directement hormonale. Elles ont donc moins d’implications secondaires que les hormones. Néanmoins il ne faut pas en abuser et avoir une surveillance gynéco régulière. Le tabac est certainement plus dangereux…

  2. Bonjour,

    Est ce que la pilule oestroprogestative permet de ralentir ou prevenir le vieillissemet notamment au niveau de la peau? Ou est ce le contraire? Merci pour votre aide.

    • Jean-Luc MOREL
      Jean-Luc MOREL le

      si vous parlez de pilule contraceptive, elle n’a pas de raison de prévenir le vieillissement. Si vous parlez de traitement hormonal substitutif, il peut, selon les cas, ralentir le vieillissement et ses effets pourront être visibles sur la peau. Cependant, il doit être adapté et dosé au minimum selon les besoins de chaque femme, et utiliser des hormones bio-identiques, soit : oestradiol et progestérone, pour limiter les effets secondaires.

  3. L’hormone de croissance est pourtant jugée la  » . plus efficace »pour lutter contre le veillissement me semble t’il?

    • oui si les niveaux sont trop bas mais les taux élevés d’hormone de croissance réduisent l’espérance de vie selon plusieurs études (voir notamment celles du Pr Valter Longo)

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