C’est justement ce qui commence à poser problème aux médecins et chirurgiens esthétiques.
De plus en plus de patients viennent en consultation avec une image d’eux-mêmes améliorée par une IA. Une enquête de la British Association of Aesthetic Plastic Surgeons rapporte que 15 % des chirurgiens interrogés ont déjà observé cette nouvelle tendance.
Le problème est simple : l’intelligence artificielle peut modifier une photographie sans respecter les contraintes du corps humain. Elle n’a pas à tenir compte de vos os, de votre peau, de vos muscles, de votre âge, de votre capacité de cicatrisation ou encore des proportions naturelles de votre visage.
Elle peut également effectuer plusieurs transformations à la fois sans que cela soit évident. Dans un test réalisé par CBC News, des IA auxquelles on demandait de montrer l’effet d’un lifting ont également modifié d’autres éléments du visage et du cou. L’image finale pouvait donc suggérer un résultat impossible à obtenir avec la seule intervention demandée.
Cela ne signifie pas qu’il faut bannir ces images. Elles peuvent être utiles pour montrer à votre médecin ce que vous aimez : un ovale plus net, un regard moins fatigué, un nez légèrement différent ou une apparence plus jeune.
Mais considérez-les comme une source d’inspiration, pas comme une promesse de résultat.
Le rôle du médecin esthétique ou du chirurgien est précisément de vous expliquer ce qui peut réellement être obtenu compte tenu de votre anatomie, avec quels traitements et dans quelles limites.
Avec l’IA, les images deviennent de plus en plus parfaites. En esthétique médicale, l’objectif reste différent : obtenir un résultat réaliste, harmonieux et adapté à la personne.


